114
LE PÉROU ÉCONOMIQUE
2.325 mètres d’altitude, le paysage devient de plus en plus
grandiose, la voie grimpe le long d’une étroite corniche où
les tunnels se succèdent rapidement. Après avoir traversé
le pont de Chaupichaca, la voie s’enfonce dans des im
passes ; à chaque instant on se demande comment on
pourra franchir la gigantesque muraille qui, partout,
semble obstruer le passage. Au-dessus et au-dessous on
aperçoit des tronçons de voies, de tunnels, de ponts, puis
on arrive à Tamboraque, où après un léger arrêt on
reprend l’ascension vertigineuse.
Peu après avoir quitté la station de San Mateo, après
avoir rasé les bords d’un précipice de plusieurs milliers de
pieds de profondeur, on arrive au terrible pont de
FInfiernillo (Petit Enfer) qui réunit deux tunnels en fran
chissant une crevasse formée par deux murailles de roches
à pic, d’une grande hauteur. Au fond de cet abîme, un
torrent roule ses eaux écumantes. Rien ne peut dépeindre
la sauvage horreur de ce site. Plus loin, la voie occupe
le lit de la rivière Romae, qu’on a détournée par un tunnel
pour la faire passer sous la ligne. Enfin, après de nou
veaux zigzags on parvient au point culminant de la voie,
le tunnel de Caldera, long de 2.400 mètres, situé à
4.775 mètres, presque l’altitude du Mont-Blanc. La ligne
descend ensuite progressivement vers la Oroya; la vue
plonge alors sur un chaos de montagnes noires, aux
sommets couverts de neige intermittente. Comme on le
voit, le parcours peut donner aux alpinistes des émotions
fortes, sans les fatigues de l’ascension.
IV. — La ligne Mollendo-Arequipa-Puno et Sicuani
est pour l’instant la plus importante du Pérou; sa lon
gueur est de 674 kilomètres, et les travaux sont active
ment poussés vers Cuzco.
De Mollendo à Arequipa la voie traverse une région