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ŒUVRES DIVERSES.
connaître la dépréciation du papier. — La Revue d’Edimbourg se
range de cet avis; mais si mon raisonnement a été logique, j’ai dû dé
montrer la faiblesse de ces objections.
M. Tbornton nous a avertis qu’un commerce défavorable suffit à
expliquer l’existence d’un change défavorable. — Mais nous avons
déjà vu que les effets d’un commerce défavorable (si ce terme est con
venable) sur le change sont limités. Cette limite est probablement de
4 à 5 p. O/o; elle ne peut donc pas suffire à justifier une dégradation
de 15 ou 20 p. 0/0. De plus, M. Tbornton nous a dit, et j’adopte
I pleinement ses vues : « On peut établir comme vérité générale que les
I » importations et les exportations d’un pays tendent naturellement à
l » s’équilibrer, et que dès lors la balance du commerce ne peut lui
\ » être pendant très-longtemps grandement favorable ou défavora-
U » ble. » Or, l’abaissement du change, loin d’être temporaire, existait
\ avant l’écrit de M. Tbornton, en 1802, et a suivi depuis une pro
gression croissante. La cote est maintenant de 15 à 20 p. O/o contre
nous. D’après ses propres principes, M. Tbornton devra donc
l’attribuer à une cause plus permanente qu’une balance défavorable
du commerce, et je ne doute pas, quelle qu’ait été son opinion an
térieure, qu’il n’arrive à assigner exclusivement tous ces résultats
à une dépréciation des agents monétaires.
Il n’est plus possible, je pense, de nier que les billets de banque ne
soient en discrédit. Quand le prix des lingots d’or est à i livres 10 s.
l’once, ou, en d’autres termes, quand un homme consent à donner en
échange d’une once d’or un titre représentant offieiellement une obli
gation de payer une once et un sixième d’or, il serait étrange de sou
tenir que 4 1. 10 s. en billet et 4 1. 10 s. en or-monnaie sont une
valeur égale, l ne once d’or donne par le monnayage 3 I. 17 s. 10
1 /2 d. Lorsque je possède cette somme, je possède donc une once
d’or, et certes je n’irai pas donner pour l’obtenir 4 1. 10 s. en pièces
d’or ou en billets immédiatement échangeables contre 4L 10 s.
A moins que les prix ne s’évaluent dans la monnaie dépréciée, il
serait fou de supposer que telle peut être la situation du marché.
Si le prix de l’or s’évaluait en argent il pourrait s’élever à 4, 5
et même 101. l’once. Et cette augmentation elle-même pourrait ne
pas indiquer une dépréciation de la monnaie de papier, mais seulement
une altération survenue dans la valeur relative de l’or et de l’ar
gent. Or, j’ai déjà prouvé , je crois, ((ue l’argent n’est pas la mesure
type de la valeur, et ne peut, par cela même, servir à coter la va
leur de l’or. Mais cette hypothèse, fût-elle exacte, comme une