NOTRE FLOTTE COMMERCIALE. 53
nationale, nos ports les uns après les autres, y affrétait
tout ce qu’il trouvait, jusqu’à des navires de petit tonnaqe
tenant mal la mer, et ne parvenait que très difficilement à
se tirer d’embarras.
Pendant l’expédition de Madaqascar, nous avions lait
mieux ; nous nous étions tout simplement adressés à l’ar
mement anqlais pour le transport de nos soldats.
L’opinion en manifesta qnebpie surprise; elle n’arrivait
pas à comprendre que la France se trouvât réduite pour
combattre les 1 lovas à emprunter le secours de bateaux
anqlais.
Pour la rassurer, M. Ribot fit habilement réjiandre le
bruit qu’en faisant appel au pavillon britanniipie, son secret
dessein était tout simplement d’obliqer l’Auqleterre, dont il
se méfiait, à démasipier ses batteries et à prendre dans le
CO nil it une attitude nette. Le prétexte invoqué par M. Ribot
ne convaimjuit personne, et la seule impression (jui demeura
de l’incident fut celle d’un aveu en quelque sorte officiel de
notre décadence maritime et de la pénurie lamentable où
se trouvait notre Hotte marchande. La suite des événements
ne fit d’ailleurs rien pour ramener la confiance, et quand
on vit des milliers de malheureux jeunes hommes payer de
leur vie le baiser fiévreux de l’île inhospitalière, succomber
aux qermes mortels de ce sol funeste, sans médicaments et
])resque sans soins, l’indiqnation alors éclata, et il n’y eut
(¡u’une voix dans le pays pour maudire l’anarchie militaire
et maritime révélée par de telles aventures !
Quant à nos rivaux, ils purent, à nos tâtonnements, à
nos fausses manœuvres, au qaspillaqc de temps et d’arqent
<pi’entraîna une expédition qu’on avait cependant eu six
mois pour préparer, mesurer notre faiblesse et percer à jour
l’absurdité de cette conception qui nous détermine à faire
parade d’une formidable flotte de querre, à sembler dispu-