LA DÉPENSE y
Cependant l'opinion publique, et méme quelques écono-
mistes, loin de croire que le luxe gaspille le travail, y voient
un stimulant du travail en tant qu’il fouette les désirs de
l’homme, ne fûât-ce que par l’envie qu’il suscite. Mais si le
travail qu’il suscite est employé à son tour à -produire des
articles de luxe, n’est-ce pas alors le travail des Danaïdes ?
D’autres, tout en admettant que le luxe dissipe les forces
productives, estiment qu’il exerce une action bienfaisante en
ce qui concerne la répartition, parce qu'il opère une sorte
de restitution du superflu des riches sous forme de salaires
pour les pauvres. Mais la restitution se ferait exactement de
mème, et bien plus utilement, sous la forme de placements
dans des entreprises productives (voir ci-après le placement).
Du contrôle de la consommation par l’Etat.
De ‘tout temps les gouvernements ont cru qu’il rentrait
dans leurs attributions et dans leurs devoirs de veiller à ce
que leurs peuples n’eussent pas à souffrir de la disette, ou
d’une excessive cherté, ou de la mauvaise qualité des pro-
duits manufacturés — comme aussi, inversement, à limiter
ou à prohiber les consommations qu’ils jugeaient contraires
au bien public.
Mais, par contre, du jour où il y a eu des économistes ils
n’ont cessé de protester contre cette intervention des légi:-
lateurs qui leur a apparu comme plus intolérable dans la
consommation, c'est-à-dire dans la vie privée, que dans le
domaine de la production et du transport qui rentre plus ou
moins dans le domaine public.
On peut classer sous cinq chefs les modes d’intervention
de l’Etat en ce qui concerne la consommation
1° Assurer aux consommateurs /a quantité suffisante. Il suflit
de rappeler ce que la Bible dit des greniers installés par le
ministre de Pharaon pour assurer l’approvisionnement du
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