46 L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
la patrie-métropole, aussi bien que de la sagesse de son
administration ; c’est qu’il y a une telle connexité d’intérêts
entre l’empire et la métropole qu’une union doit
régner entre eux et que cette union entre les divers
membres de l’empire a pour base et pour condition
absolue l’union des citoyens de la patrie.
Et cette vérité admise que la grandeur de l’empire est
la résultante de l’application de ce principe, ne pouvonsnous
pas conclure que la politique impériale est une
politique d’union et que celle-ci s'impose dans l’avenir à
tous les Français qui voudront travailler à la grandeur
de leur pays ?
On sera peut-être tenté de juger que notre appel à
l’union pour une politique d’après-guerre est une conclusion
en désaccord avec les prémisses de notre argumentation.
N’avons-nous pas, en effet, affirmé qu’un des
caractères ethniques de la race issue du sol gaulois est
le goût des querelles et n’avons-nous pas constaté que
cette tendance fâcheuse avait, au cours de notre histoire,
compliqué de crises intérieures nos luttes contre l’agresseur
étranger ? Mais les événements actuels ne viennentils
pas suggérer l’espérance qu’une heureuse évolution
s’est produite dans le caractère national ?
Ne voyons-nous pas l’union sacrée, proclamée en août
r9r4, subsister jusqu’à ce jour en vue d’une victoire
prochaine ? N’est-il pas permis d’espérer qu’en présence
de cette suprême leçon de l’histoire qu’est la guerre
actuelle le bon sens de notre race l’emportera définitivement
et que la conception prévaudra, même dans la
politique, que l’union qui a été une question de vie ou
de mort pendant les hostilités aura le même caractère et
la même importance pendant la paix ? N’aurons-nous pas,
au lendemain de la guerre, n’aurions-nous pas, dès à
présent, à lutter contre des fléaux aussi destructeurs de
nos générations que les obus et les gaz asphyxiants des