LA VALEUR COMMERCIALE ET PRODUCTIVE 169
l'Inde anglaise : ceux qui sont attentifs à la statistique
des marchandises transitant par le canal de Suez auront
noté qu’il est passé l’année dernière plusieurs dizaines
de mille tonnes de fonte venant d'Orient vers l’Europe.
Nul ne sait, dans la préoccupation générale d’atteindre
partout les plus bas prix de revient, où s’arrêtera cet
essor industriel tout récent dans l’histoire.
Sous ce rapport, la France n’a pas encore eu à s’aper-
cevoir sensiblement d’une réaction industrielle de son
domaine colonial sur ses exportations de produits fabriqués.
[ci se placent les seuls chiffres que je mentionnerai.
En 1913, c’est-à-dire à la veille de la grande guerre, les
importations faites par la France, de produits français,
dans l'ensemble de son domaine colonial, Afrique du Nord
comprise, représentaient la valeur de 1 035 000 000 de
francs, contre 638 millions d’importations faites par les
pays étrangers ou les autres colonies françaises.
En 1924, nos importations se sont élevées à 5 milliards
316 000 000 de francs, mais, pour comparer utilement
avec 1913, il faut apporter à ce dernier chiffre un correctif
indispensable : il faut se rappeler que notre franc avait
perdu les trois quarts de son ancienne valeur, le dollar
étant monté à 19,35 en moyenne au cours de cette
année 1924. Il en résulte que, ramenées à une commune
mesure, nos importations dans nos colonies ont repré-
senté, en 1924, 1425000000, en augmentation de
40 p. 100 sur le chiffre de 1913. Ce mouvement continue
selon un rythme analogue.
Il est intéressant de savoir dans quelle proportion les
diverses parties de notre empire colonial concourent à la
formation de ce total considérable : l’Afrique du Nord
absorbe, sur ces 1 425 millions, 68 p. 100 pour sa con-
sommation, dont les deux tiers pour la seule Algérie ;
l’Afrique occidentale, 5,60 p. 100 ; Madagascar, 6,60 p. 100 ;
l’Indochine, 12,70 p. 100 : le reste est réparti entre les
autres colonies.