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L'ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
tranchés par la voie judiciaire ; si les parties en cause ne pouvaient
se mettre d’accord par des pourparlers directs, l'affaire devrait etre
tranchée par un troisième Etat impartial dont elles conviendrai
ensemble S’il s’agissait d’un différend entre citoyens appartenant
à des villes diverses, il serait jugé entre eux d’apres les anciens
usagesce qui veut dire ici, par la décision du tribunal de l une
des parties, ou par un tribunal mixte, ou par le tribunal un
troisième Etat. . , ,, , .,
Malheureusement les résultats pratiques de ces clauses d arbitrage
turent faibles. Les clauses du traité de paix trentenaire de 445 entre
Athènes et Sparte n’empêchèrent pas que la guerre n eclatat en
entre ces deux puissances, de même que le traité cinquantenaire de
421 entre les mêmes Etats n’empêcha pas la reprise de la guerre e
413. Sans doute la convention décidant que les différends pouvant
surgir devaient être tranchés non par la toi ce des armes mais t_ ai
l’arbitrage, joua un certain rôle avant 1 explosion de la guerre u
Péloponèse en 431. Athènes invoqua ses conventions en sa faveur
et se déclara prête à faire trancher par 1 arbitrage les points en
discussion ; mais Sparte ne voulut pas la suivre dans cette voie.
Nous lisons 3 , cependant, que pendant la guerre, les Spartiates se
sentirent gênés par 1 impression qu ils avaient commis une injustice et
qu’ils interprétèrent leur défaite comme une punition méritée, tandis
qu’en 413, au commencement de la guerre Décélienne, ils se sentaient
pleins d’énergie, car cette fois à leur avis c’était Athènes qui avait
violé la convention. C’est particulièrement en 431 que les divergences
intervenues ne s’opposent en aucune façon, par leur nature, à une solu
tion par la voie de l’arbitrage ; tout au contraire, les points contro
versés qui occasionnèrent l’explosion de la guerre, les faits survenus
à Corcyre et à Potidée se prêtaient particulièrement bien à une
solution judiciaire. Mais ces circonstances n’étaient qu’une occasion,
les véritables causes de la guerre étaient plus profondes, c’était en
1 n° XIV. — 2 Tws bè etc«; xartà náxpta btxàÇeoÔ-ctt, — * Thucydide VU, 18.