222
ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
patrons-boulangers ; 50 ans plus tard, il n’y en avait
que 190. La population de la capitale avait augmenté
dans ce laps de temps de 123.874 à 194.505 (Rec. 1896,
v. XVIII, p. 748).
Ce qui est resté, à Bruxelles, comme clientèle au
petit boulanger, ce sont :
1°) les gens prétentieux et difficiles à servir ;
2°) Les commerçants fournisseurs ;
3°) Les mauvais payeurs (1).
La boulangerie à la main périclite partout. Tout le
tragique de la situation ressort de la déposition si
naïve de l’Association centrale des Patrons-Boulangers
devant la Commission de la petite bourgeoisie. « Si
les constituants de 1830 avaient pu prévoir, disent-ils,
les inventions du machinisme, cause de la surproduction
et qui nous fait cette terrible concurrence qui
écrase tous les petits, il est bien probable qu’ils auraient
certainement mis un frein à cette liberté ; car aussi
précieuse qu’elle était il y a quelques années, nous
pouvons dire qu’à l’heure présente elle est néfaste
pour tous les petits bourgeois « (2).
A Gand, le métier de boulanger est délaissé depuis
l’apparition des coopératives (3). En 1879, il y avait
dans cette ville 274 boulangers ; en 1892, il n’y en
avait que 223 et en 1905, il n’en restait que 111. Sauf
quelques exceptions, il n’y a plus à Gand pour ainsi
(1) Commission Nationale de la P< tite bourgeoisie. Enquê e o ale,
v. I, p. 302.
(2) Ifc. v. VII, p. 450.
(3) Fb. Enquête écrite, v. III, p. 82 et 05,