84 LA MAIN-D’ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE
portant sur la main-d'œuvre agricole. Beaucoup n’admettent
pas qu’on puisse régler les questions de travail
avec l'Italie sans qu'on les règle en même temps
avec nos autres Alliés.
Au surplus, dit-on, les Italiens ne pourront manquer
d’admettre ces raisons. N’a-t-on pas déjà proposé
chez eux que les pays d’émigration constituent
un véritable syndicat? M. G.-E. di Vallelonga, dans
un article déjà cité de la Fiéa Italiana sur la politique
de l’émigration après la guerre, a écrit à ce
sujet les lignes suivantes : « Les pays fournisseurs de
main-d’œuvre devraient établir une entente entre eux
et s’engager réciproquement à traiter d'accord avec
les pays d’immigration les conditions auxquelles s’effectuerait
l’émigration de leurs nationaux. Ces pays
sont en Asie, la Chine, et en Europe : l’Autriche-Hongrie,
la Bulgarie, la Grèce, l'Italie, le Monténégro,
le Portugal, la Roumanie, la Russie, la Serbic,
l’Espagne, la Turquie et peut-être après la guerre
l’Allemagne. » L’idée de cette entente, qui réunirait
pour les questions de travail des pays actuellement
ennemis, peut prêter à de multiples critiques. Mais
puisqu'elle a été émise en Italie, par un Italien,
comment ne pas y opposer la contre-partie éventuelle
d’un syndicat entre les pays importateurs de
main-d'œuvre ? Si les pays qui fournissent de la maind’œuvre
doivent s’entendre, ceux qui l’emploient en
ont tout autant l’obligation, Dans l’Entente telle qu’elle
est actuellement constituée, il y a des pays fournisseurs
et d’autres employeurs de main-d’œuvre.