74 LA MAIN-D'OŒUVRE, ITALIENNE EN FRANCE
M. Landry, dans l’exposé des motifs de sa proposition
de loi du 28 décembre 1915, a fort justement
rappelé les dangers qu'un service de placement
public pourrait présenter. « S’il s’agit en particulier
de recruter des travailleurs à l’étranger, écrit-il, il
semble que l’État risquerait, en se chargeant de celte
fonction, de provoquer les susceptibilités des puissances
étrangères intéressées. D'autre part, l’État, en
entreprenant de placer les travailleurs étrangers,
assumerait vis-à-vis des employeurs, à qui il fournirait
ces travailleurs, des responsabilités quelque peu
scabreuses. » Le second système, qui consiste à laisser
aux organisations industrielles ou agricoles ellesmêmes
le soin du recrutement et du placement de la
main-d’œuvre, ne présente pas ces inconvénients, et
est, semble-t-il, de beaucoup préférable, à condition
Loutefois que l'État ait, sur les organismes privés déjà
constitués ou à constituer, un droit de contrôle et même
de direction précis. M. Landry demande que l’État
patronne et subventionne ces institutions, qu’il les aide
de toutes ses forces, qu'il collabore avec elles. « ll
aura à jouer, écrit M. Landry, un rôle de coordination
», et cela en évitant que trop d'organismes poursuivent
le même but, et par conséquent se gênent
mutuellement au lieu de s’aider. L'État devra veiller
encore au recrutement, afin qu’on introduise de préférence
des éléments assimilables * à notre population,
afin aussi qu’on évite, autant que possible, les indési-|.
V. supra, p. 56, note