Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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intégrale, dans ses frontières ethniques, la Thrace ét la Macédoine y
comprises. Mais au congrès de Berlin en 1878, sous la menace d’une
guerre Anglo-Russe, le traité de San-Stéfano fut déchiré aux dépens de
la Buigarie qui dut payer les tractations entre les grandes puissances
intéressées. Elle en est sortie dépecée en 5 morceaux: Principauté de Bulgarie,
 au nord des Balkans ; Roumélie orientale, au sud, province autonome;
 la Macédoine et une partie de la Thrace rétrocédées à la Turquie,
de crainte que la Bulgarie ne devînt le marche-pied de la Russie vers
les Dardanelles — terreur des hommes d'Etat anglais Aux lambeaux
bulgares détachés de la mère patrie, des promesses de réformes furent
faites, triste illusion qui fomentera des troubles pendant trente cinq ans
en Macédoine, pour donner ses fruits en 1912 par la guerre des alliés
balkaniques contre la Turquie, réclamant la réalisation de ces promesses
trompeuses.
C’est la dernière croisade, la fin des guerres religieuses dans les
Balkans qui ouvre malheureusement la série des guerres entre Chrétiens
jusqu’à la fin de 1918.

de

Au Congrès de Vienne (1815) le plus grand soin de Metternich
et de Taileyrand fut d'assurer les trônes chancelants des monarchies
contre la poussée formidable des nationalités envahissant l’Europe toute
entière ; la Sainte Alliance des trônes contre les nationalités,
Entre temps, la Pologne était partagée par ses voisins: l’empereur
de Russie, celui d’Autriche-Hongrie et le Roi de Prusse. Ce que nous
voulons relever dans ces traités de partage, c’est l'hypocrisie mal dissimulée
 de ces bons apôtres qui trouvent utile de couvrir leurs méfaits
par des fleurs; ils garantissent à leurs sujets polonais certains droits
nationaux.
Ce crime international n’avait de pareil que celui qui a été
commis à Neuilly contre le peuple bulgare avec force promesses, Nous
voulons souligner seulement que déjà en 1815-à Vienne les droits des
nationalités, étaient enregistrés,
Du traité d'Andrinople (1829), il en est de même. Dans le
traité de Paris (1856), on trouve aussi des dispositions concernant les
droits des nationalités.
L'article 4 du traité de Berlin est très explicite. ,Dans les endroits
habités par une population mélangée avec les Turcs, on tiendra compte
des droits et des intérêts électoraux de ces popul-tions, ,L'article 23
impose à la Turquie l'application scrupuleuse d'une autonomie en Crète
et en Macédoine, d’après le règlement organique de 1868.
L'article 44 du traité de Berlin se référant à la Roumanie, garantissait
 la liberté de religion et l'égalité de tous les citoyens. Pourtant ni
la Turquie, ni la Roumanie n’ont jamais loyalement tenu leurs obligations.
 Celle-ci a refusé officiellemeut l'égalité à ses sujets juifs. La Bulgarie
 seule s’est inclinée de bonne grâce en garantissant aux diverses
nationalités, aux musulmans en premier lieu, les droits culturels et la
pleine liberté confessionnelle,
            
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