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LE TRAITÉ DE NEUILLY ET LES MINORITÉS BULGARES.
À la conférence de Paris de 1919 deux conceptions se sont affronté:
d’un côté, celle des hommes d’Etat exclusivement préoccupés par des
considérations d’ordre politique et stratégique, convaincus que les
armées des Etats nouvellement créés et renforcés par eux, suffiraient
pour assurer le maintien des nouvelles frontières en Europe, de
l’autre côté le président Wilson, persuadé que la paix du monde ne
pouvait être maintenue que par le désarmement général et par l'octroi
des droits aux minorités, pour un peu plus de justice et de liberté, garantis
efficacement par la S. D. N.
Le président W. W. le déclara expressément, le 31 mai 1918, en
ces termes : ,Les grandes puissances en octroyant des droits aux minorités
désirent éliminer un nouveau facteur de guerre. Elles seront par
conséquent responsables vis-à-vis des populations qu’elles transportent
d’un Etat à l’autre, ce qui était évidemment une conséquence logique
de la doctrine d’autodisposition des peuples, Sans cela, les annexions
des territoires et le transfert des minorités, d’une souveraineté à une
autre, resteraient de simples actes de force ne pouvant pas constituer
une base de droit dans la vie internationale. , Quand il s’agit d’interpréter
les textes, i' faut toujours partir de cette idée de 1 idéaliste impénitent
qu’était W. Wilson, d’une foi inébranlable dans un avenir meilleur de
l'humanité et qui ne rêvait que de la paix éternelle. C’est le piédestal
du grandiose édifice de la S. D. N., la base sur laquelle repose toute la
structure des traités de 1919; tout le reste n’est qu’échafaudage. It
l’avait souvent et à toute occasion, solennellement déclaré, il l’avait sincèrement
voulu. Malheureusement derrière lui le génie du mal s’est plu
à jeter un mauvais sort, qui a bouleversé toute l’Europe, surles Balkans,
et spécialement, sur le peuple bulgare bafoué, démembré et piétiné par
les vainqueurs.
S'il est exact que chaque oeuvre doit être jugé d’après ses résullats,
le traité de Neuilly que la Bulgarie a dû signer nous semble après
un recul de dix ans, néfaste — une ironie amère pour ces Bulgares qui
dans leur foi aveugle en la justice humaine, avaient fait crédit aux
promesses des grands de ce monde, Naïfs entre les peuples, ils crurent
à la S, D. N, et à son rôle bienfaisant; ils y voyaient une suprême instance,
gardienne de leurs droits; ils ne pouvaient pas comprendre que
dans une institution politique le droit s’éclipse.
En tout cas, prétendre que la traité de Neuilly a inauguré une
nouvelle ère garantissant l’ascention des petites ‘ nationalités est, le