Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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passe au milieu des villages; elle partage des maisons; des deux côtés
de la barrière, des gens qui avaient vécu pendant des siècles ensemble
avec des biens communs, devenaient les uns sujets serbes avec leurs
biens sur le territoire bulgare, tandis que leurs frères et fils restaient
Bulgares. Interdiction absolue de traverser cette frontière arbitraire, De
là, tous les jours des incidents, des meurtres. Avant ce désastre, cette
population sans ressources vivait dans des conditions très dures ; la nouvelle
 frontière l’a vouée à la famine, Un exode a commencé, Les habitants
 quittent leurs foyers pour chercher ailleurs un gagne-pain. Cela
n’inquiète point les Serbes; ils ne souffrent pas de Bulgares dans leur
royaume ; ce qu’ils voulaient, ils l’ont—c’est leur territoire, et pour l’habitant
 — une balle.
C’est un tracé de frontière stratégique en vue d’une nouvelle
guerre qu’ils préparent contre la Bulgarie; ils se rapprochent de la
mine de Pernik, de la capitale de Sofia et de la vallée de la Strouma ; en
quelques heures de marche, 40 kims, de distance, ils pourront atteindre
Sofia et Pernik et mettre le couteau à la gorge de la Bulgarie désarmée.
Mais le principal avantage de cette frontière stratégique consiste en ce
qu’elle se dresse comme une muraille de défense qui sépare la Bulgarie de
la Macédoine. Devant ces considérations du plus haut intérêt pour la guerre
de demain, qu’importe le sort d’une centaine de mille Bulgares ?
De l'avis de la Commission de délimitation, cette frontière impossible
 devait être corrigée par les deux parties d’un commun accord. Mais
les Serbes n’en ont pas voulu, ils y ont installé un régime draconien. Pendant
 10 ans, une série d’attentats et de meurtres rappellent les incidents
sanglants pendant un armistice entre belligérants. Des centaines d'hommes
ont péri en passant cette ligne maudite. Les gardiens serbes se Complaisent
 dans une orgie de sang, à des raffinements de cruauté qu’on ne
peut pas citer pour ne pas écœurer le lecteur. N'est-ce pas là encore la
guerre qui continue?

A Bucarest pendant la mise aux enchères des terres bulgares en
1913, un grand lot était tombé à la Grèce. Après Neuilly, Vénizélos
rentrait en triomphe à Athènes, second Bulgaroctone, tenant dans sa
poche le plus grand port macédonien Salonique, Serrès et Kavala avec la
Thrace occidentale et Dédéagatch, sans omettre la promesse de Constantinople
 et d’autres brillants cadeaux qu’il a abandonnés sur les champs
de bataille de l’Asie-Mineure.
Dans la partie annexée par la République grecque habitait une
masse compacte de Bulgares. Chassés, expropriés, supprimés par les
Grecs modernes, célèbres depuis la guerre interalliée de 1913, il n’en
reste actuellement que 150.000. Quiconque voudrait s’en faire une idée,
des procédés employés par les Heliènes modernes n’a qu’à lire le rapport
 de la Commission Carnégie signée par des personnalités universellement
 connues comme juges impartiaux et intègres. Nous citons :
,Dès leur irruption en Macédoine, les soldats grecs tirent à bout
portant sur les villages bulgares inoffensifs sans armes, sans épargner
            
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