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Grecs appliquaient les clauses de la Convention nous citerons un document
émanant d’une Commission chargée par la S. D. N. d'enquêter
sur le meurtre de 17 Bulgares innocents, tués sur l’ordre d’un officier
grec. ,C’était le 27. juillet 1924, 17 notables Bulgares des villages de
Tarlis et de Lovtcha, aux confins de la frontière gréco-bulgare vers
Nevrokop, furent arrêtés sous le prétexte d’un attentat de comitadjis,
que les autorités elles-mêmes avaient simulé. Le détachement grec chargé
de les escorter jusqu’à Gorno-Brodi, liés deux à deux, revint bientôt,
déclarant faussement que, au cours d’une attaque avec des comitadjis,
tous les prisonniers avaient été tués pendant l’escarmouche. La Commission
constata qu’il n’y a pas eu d’ incident de comitadjis dans la vallée
où le massacre eut lieu; qu’il y a eu une attaque simulée de la part de
la soldatesque grecque pour faciliter 12 massacre; que le convoi n’a été
l'objet d’aucune attaque et que la salve sur les prisonniers constitue une
tuerie sans justification, ni provocation. La Commission considère que
la responsabilité des autorités locales est en cause du chef de négligence
grave de leur devoir; aucun secours ne fut envoyé aux blessés, leurs
familles ne furent pas informées, bien au contraire mises’ dans l’impossibilité
d’approcher le lieu où gisaient les victimes; les morts ne furent
pas identifiés, les cadavres furent laissés sans sépulture aucune. Un
autre convoi des Bulgares suspects, ultérieurement déplacés fut à nouveau
exécuté de façon cruelle. ,Pour finir, la Comission constate que la
minorité bulgare locale se trouve sous l'empire de la terreur et que ces
mêmes événements ont engendré dans les minorités des deux pays, une
anxiété ayant comme conséquence le désir d’émigrer en masse et précipitamment.
Sous la pression de la Commission, le lieutenant de l’armée
grecque Doxakis qui commanda le détachement fut l’objet d’un simulacre
de jugement, mais bientôt après, il fut libéré et bénéficia d’un avancement
en grade“. Ceci est un extrait du rapport signé par le commandant
Marcel de Roover et le Lieut. Colonel A. C. Corfe, Membres de la Commission
Mixte, nommés par la S. D. N. pour enquêter sur le traitement
libéral appliqué par la Grèce civilisée aux Bulgares barbares sous sa
domination.
C’est un exemple, entre mille, d’un système qui est pratiqué depuis
de longues années, dans le but de terrifier les bulgares et de les forcer
à émigrer.
Le tragique quelquefois frise le comique, nous pensons à la comédie
que la Grèce a jouée devant la S. D. N. en y laissant son prestige.
Après le rapport ci-dessus cité, pressée d'obtenir un emprunt, la
Grèce par la bouche de son délégué fit des déclarations solennelles
devant l’assemblée de la S. D. N. en 1926, s’engageant à garantir les
droits des minorités aux Bulgares, auxquels elle faisait don, dans un
élan magnanime, d’un nouveau alphabet, nommé pabécédar“, à
ceux-là même qui en avaient un depuis mille ans, Puis elle signait la
Convention Calfoff-Politis, un arrangement pour le règlement pécunier
de la mise en œuvre de la Convention d’Emigration (du 29. IX. 1924).
Cet événement a été célébré sur tous les tons, en pleine S, D. N. comme
un événement historique; on s'embrassait, on chantait les louanges du