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législateur, juge, gendarme et soldat ; il s’est mis au-dessus de la Constitution
à laquelle il avait pourtant juré fidélité, Après Dieu, il n’y a que
lui. C’est un vrai Sultan ramenant le pays à plusieurs siècles en arrière.
Rien n’existe plus en Serbie; aucune garantie constitutionnelle, pas de
droits de l’homme et du citoyen. Ce sont des soubresauts dans un milieu
très agité. Cela ne regarde que les Serbes, dira-t-on; mais cela regarde
quand même la paix des Balkans et de l’Europe toute entière. Cet événement
intéresse les minorités en Serbie et ses voisins, Quand le feu est
chez le voisin, on doit prendre ses précautions,
Les droits des minorités sont d’ordre international ; la S. D. N. aura
à dire son mot et à y mettre ordre. Il y va de son autorité et de son
prestige. La Serbie peut s’octroyer le régime qui lui plait; aujourd’hui
la monarchie, demain république, si c’est son bon plaisir, elle ne peut
pas les éliminer, sous quelque prétexte que ce soit. Le coup d’Etat du 6
janvier, 1929, est à nos yeux un expédient, après tant d’autres, pour se
débarrasser de cette question brûlante et en finir avec les minorités, La
suite des événements, plus lente ou plus accélérée, selon les circonstances,
le prouvera. Que pouvons nous attendre de ces changements de
décors auxquels nous sommes habitués, devant des déclarations comme
celles-ci: ,reconnaître les droits aux minorités, c’est décréter le suicide de
la Serbie“, — puisque pour les Serbes l'Etat est le monopole exclusif des
Choumadiens. En dehors d'eux rien n’existe, ni Croates, ni Bosniaques, ni
Monténégrins ; quant aux Bulgares on n’en parle même pas. Des déclarations
semblables sont l’aveu des Serbes eux-mêmes qu’étant une minorité,
la plus faible, ils craignent les autres nationalités, et à aucun prix
ils ne lâcheront leur situation privilégiée. Avec cette mentalité, on n'arrivera
jamais à obtenir quelque chose de ces fanatiques, à moins que
quelqu'un de plus puissant ne leur arrête le bras, ou bien que Alexandre
Karageorguévitch ne fasse des miracles, ce que personne n’attend.
Ce serait une naïveté de croire qu’après le 6 janvier, la Serbie
marchera vers de nouveaux horizons; après le manifeste royal, comme
avant, en Serbie régnera l’arbitraire, mitigé des coups d’Etat et de parlementarisme
suivi d’assassinats politiques. Ce que nous gagnons avec
le manifeste royal est d’une grande importance.
Quand on parle à des Serbes du régime inouï qui règne en Macédoine
ils ont l’habitude d’en rejeter toute la responsabilité sur leurs fonctionnaires.
Nous prétendons au contraire qu’ils y sont pour peu de chose
et que, c’est le système, les directives de Belgrade, qui sont la vraie cause
et non pas les fonctionnaires qui ne font qu’exécuter les ordres de leurs
supérieurs. Dans le manifeste lui-même, S. M, le Roi des Serbes, après
avoir soutenu la même thèse, se laisse aller à un lyrisme pathétique, à
des aveux et à des déclarations dont nous lui sommes très reconnaissants.
Lisons — en quelques extraits et nous serons édifiés,
,À tous les Serbes, Croates et Slovèues !
Mon âme fut déchirée par les lamentations de nos masses popu-,laires,
travailleuses et patriotes qui, exténuées, ont déjà depuis long-»temps
senti que l'on ne pouvait plus suivre la voie adoptée jusqu’à