CHAPITRE V
L'AURORE....….
Octobre 1916,
Parmi toutes les branches de l’industrie textile, celle des matières
colorantes était, incontestablement, la plus assujettie au
joug allemand.
De l’autre côté du Rhin, en effet, des coalitions commerciales,
magistralement organisées pendant les dix années qui précédèrent
la campagne 1914, exerçaient une influence considérable et
progressaient à pas de géant. C’est ainsi que, peu à peu, elles en
étaient venues à englober complètement toutes les industries similaires
des autres pays, et à leur interdire, sous peine d’un écrasement
immédiat, le plus petit geste de création individuel, la
moindre initiative salutaire. (A l’appui de mes dires, je citerai
les fabricants suisses de matières colorantes, qui n’existaient que
par la tolérance desdites coalitions, tout au moins pour les malières
premières et intermédiaires.)
I est d’autres faits non moins typiques; on doit se souvenir,
par exemple, que certaines maisons françaises avaient essayé de
faire des alizarines, et autres colorants, et que, plus tard, les
maisons américaines tentèrent de fabriquer de l’huile d’anitine,
etc, ete.
Que se passa -t-il alors ?…