D'ECONOMIE POLITIQUE
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teres que les ongles des animaux fouisseurs ou aux
oiseaux un bec assez mal approprié, par contre
elle a donné aux insectes des instruments trés com-
pliqués et qui dépassent méme ceux des hommes;
il n'y a pas de taricre, de scie, de seringue, de
poingon, d’aiguille, qu'on ne trouve dans ce monde
effrayant et qui ne soit employé a une foule de
travaux. A quoi bon pour eux s’ingénier a trouver
mieux? Et pourtant, il n’est pas absolument exact
d’affirmer qu'il n’y a point d’animaux qui sachent
créer des instruments : beaucoup d’entre eux
doivent fabriquer des piéges pour prendre le gibier.
Est-il besoin de parler de la toile de ’araignée? Ce
nest pas un vétement ni un logement, c’est un pitge,
comme le filet du chasseur ou du pécheur. Il y en a
d’autre : par exemple, la fosse creusée par le
fourmi-lion, trappe dans laquelle il sait faire tom-
ber le gibier qui passe pres de lui en lui jetant du
sable dans les yeux.
Si donc on veut poser la limite qui sépare I’ani-
malité de ’humanité, ce n’est pas dans la fabrica-
tion des outils qu'il faut la chercher, puisque les
animaux la connaissent dans une certaine mesure
— mais on pourr=* la placer a I'invention du feu.