Object: error

= 1 
nitaires, tous les concepts de rébellion caractérisant sa doc- 
trine politique et qui n’avaient absolument rien à faire avec 
l’organisation syndicale. Le fascisme créa donc un syndica- 
lisme national, c’est-à-dire inspiré tout entier par le senti- 
ment de la patrie et de la solidarité nationale. 
Aujourd’hui, où il nous est loisible de considérer ce phéno- 
mène avec plus de calme et d’un point vue presque historique, 
nous sommes portés à nous étonner que le syndicalisme soit 
né en Italie avec les caractères que le socialisme lui donna en 
l’y introduisant. En effet, en Italie, pays pauvre de ressources 
naturelles, mais possédant une population exubérante, ce 
qui revient à dire pauvre de capitaux et riche de main-d’œuvre, 
le problème social est surtout un problème d’accroissement 
de la richesse et de la production nationale, et non pas de 
distribution de la production. Dans un équilibre mondial 
où sont réservées à d’autres peuples les positions de richesse 
et de puissance, le prolétariat italien souffre de la condition 
d’infériorité où la nation italienne se trouve par rapport aux 
nations concurrentes, bien plus que de l’avarice ou de l’avidité 
des patrons. S’il y a donc un pays où le syndicalisme inter- 
national est absurde, c’est assurément l’Italie. Par contre, 
la logique veut qu’il y ait chez nous un syndicalisme national 
affirmant qu’il existe en Italie, entre les catégories et les 
groupes sociaux, un motif de solidarité qui domine les motifs 
d’opposition, la solidarité qui unit tous les groupes, toutes 
les catégories, toutes les classes d’un peuple pauvre mais 
exubérant d’hommes et de volonté, qui doit marcher vers son 
avenir comme une armée en formation de bataille. 
La pratique du syndicalisme national, introduite par le 
fascisme même avant la marche sur Rome, et qui se répandit 
largement après la constitution du gouvernement fasciste, a 
résolu désormais, en Italie, dans le domaine des faits, le pro- 
blème des rapports entre le capital et la main-d’œuvre. La 
défense de classe, aveugle et désordonnée, ne se souciant pas 
du sort de la production et du destin de la nation, et possédée 
même par l’idée meurtrière de la lutte contre la production 
et contre la nation, a été remplacée, grâce au syndicalisme 
fasciste, par une défense de classe ordonnée, consciente, res- 
pectueuse des nécessités de la production et des besoins de la 
vie nationale. 
Tant d’honnêteté quant au but visé, tant de patriotisme, 
tant de compréhension ont été couronnés par le succès le 
96
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.