108 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DÉ LA BELGIQUE
Nous ne devons utiliser ces chiffres qu’avec pré
caution pour arriver à l’établissement des revenus des
trois classes de la société. Les documents de la con
tribution de la ville de Bruxelles nous renseignent que
les couvents devaient payer 332 3/20 °/ 0 ; la noblesse et
les personnes réputées riches, 24 18/100 de leur revenu (1).
Même en tenant compte de ces proportions, nous voyons
que les revenus des couvents étaient une fois et demie,
et ceux do la noblesse îo fois aussi considérables que
ceux des capitalistes de la bourgeoisie (2).
Les quatre plus grandes abbayes ont été taxées de la
façon suivante :
Abbaye St Pierre
L. 1.000.000
» Bandeloo
800.000
n Drungen
500.000
» Bavon
600.000
2.900.000
En supposant que la taxation des abbayes fût 13
fois aussi lourde que celles des commerçants nous pou
vons en conclure que les revenus des quatre corporations
religieuses étaient égaux à ceux de tous les bourgeois
aisés de la ville. De même, pour les quatre nobles les
(1) Livre de caisse de la contribution de 10 millions, p. 215.
(2) Ce sont seulement les riches bourgeois qui furent taxés, car nous
lisons dans un document officiel « Arrêté que la ville de Gand et son
arrondissemeut payera à la République française une contribution de
sept millions, en numéraire, laquelle sera répartie par le magistrat ou
mayeursur les nobles, les prêtres, les maisons religieuses, les privilégiés,
les gros propriétaires et les capitalistes et non sur les petits cultivateurs,
ouvriers, artisans et autres citoyens peu aisés ». Arrêté imprimé se
trouvant dans les archives de la ville de Gand. (L. 4. 9).