LA DÉCADENCE DU MÉTIER 25l
contemporaine de faire s’épanouir, en face de la gigan
tesque production du machinisme, une meilleure efflo
rescence des industries d’art, de l’art appliqué, mais
là le triomphe de la mécanique dans l'industrie, et ici
le triomphe de l’art dans le métier » (1).
Préjugé depuis longtemps réfuté par les théori
ciens les plus éminents de l’évolution capitaliste !
« Depuis bientôt vingt-cinq ans, écrit Bûcher, on a
énergiquement travaillé eu ce sens ; on a construit
quantité de musées, d’écoles professionnelles et d’ate
liers d’apprentissage ; on a organisé des expositions et
des concours. Mais l’expérience a bientôt montré et
l’enquête du « Yerein fiir Sozialpolitik » a confirmé
que ces tentatives n’ont guère servi la cause de la
petite exploitation » (2).
Sombart lui aussi, dans le chapitre « Ilandwerk und
Kunsigewerbe » (3), a prouvé irréfutablement que le
métier d’art aujourd’hui n'existe pas.
En analysant les causes de la décadence du métier,
nous avons développé également cette idée que l’art
est l’ennemi le plus dangereux de l’artisan (p.l83ss.). Le
goût moderne, dans sa mobilité incessante, réclame des
organismes spéciaux, différenciés, ne s’occupant que
de l’art. L’artisan qui doit s’occuper des travaux manuels,
du commerce, etc. n’a ni le temps, ni le talent, ni
l’éducation nécessaires pour s’adapter à ces changements.
Ajoutons aussi que là où il s’agit exclusivement de la
(l) Rapport sur l'activité de la section des Classes moyennes, 1. c. p. 18.
{2) Kari. Bûcher : Etudes d’Histoire, etc. 1. c. 1901, p. 179.
(3) YV. Sombart : Der moderne Kapitalismus, 1. c. v. III. p. 451-462.