Contents : Oeuvres complètes

370  PRINCIPES  DE'  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
lui  donner  plus  de  relief,  j’ai  supposé  que  des  machines  nouvelles
auraient  été  soudainement  découvertes  et  appliquées  sur  une  vaste
échelle  :  mais  dans  le  fait  ces  découvertes  se  font  lentement,  graduellement, ­
  et  elles  agissent  plutôt  en  déterminant  l’emploi  des
capitaux  épargnés  et  accumulés,  qu’en  détournant  les  capitaux  existants ­
  des  industries  actuelles.
A  mesure  que  le  capital  et  la  population  d’un,  pays  grandissent
la  production  devient  plus  coûteuse,  et  le  prix  des  subsistances  s’élève ­
  généralement.  Or,  la  hausse  des  aliments  entraîne  la  hausse  des
salaires,  et  la'hausse  des  salaires  tend  à  pousser  plus  activement  le
capital  vers  l’emploi  des  machines.  Les  forces  mécaniques  et  les  forces
humaines  sont  en  concurrence  perpétuelle,  et  il  arrive  souvent  que
les  premières  ne  sont  employées  qu  au  moment  ou  s  élève  le  prix
des  secondes.
En  Amérique  et  dans  un  grand  nombre  d’autres  pays  où  l’on
pourvoitfaisément  à  la  nourriture  de  l’homme,  les  stimulants  qui
poussent  à  l’emploi  des  machines,  sont  loin  d  être  aussi  puissants
qu’en  Angleterre,  où  la  nourriture  est  chère  et  exige  des  frais  de
production  considérables.  La  même  cause  qui  élève  les  salaires  n’élève ­
  pas  la  valeur  des  machines,  et  c’est  pourquoi  toute  augmentation ­
  de  capital  aboutit  au  développement  des  engins  mécaniques.
La  demande  de  travail  continuera  de  s’accroître  avec  l’accroissement
du  capital^  mais  non  dans  le  rapport  exact  de  cet  accroissement  L

I  La  demande  de  bras  dépend  de  l’accroissement  du  capital  circulant  et  non  du  capital ­
  fixe.  S’il  était  vrai  d’ailleurs  que  la  proportion  entre  ces  deux  genres  de  capitaux
fût  la  même  en  tout  temps  et  dans  tous  les  pays,  il  s’ensuivrait  naturellement  que
le  nombre  des  ouvriers  serait  proportionné  à  la  richesse  du  pays.Mais  unetelle  proposition ­
  n’est  pas  soutenable.  A  mesure  que  les  arts  viennent  épurer  le  goût  des  nations, ­
  que  la  civilisation  s’étend,  le  capital  fixe  prend,  relativement  au  capital
circulant,  des  proportions  de  plus  en  plus  vastes.  La  somme  de  capital  fixe  consacrée ­
  à  la  fabrication  d’une  pièce  de  mousseline  anglaise  est  cent  fois,  probablement ­
  même  mille  fois,  plus  grande  que  celle  qui,  dans  1  Inde,  sert  à  fabriquer  la
même  étoffe  ;  et,  d’un  autre  côté,  la  somme  de  capital  circulant  est  cent  fois  ou
mille  fois  moindre.  11  est  facile  de  concevoir  que  dans  de  certaines  circonstances
la  totalité  des  épargnes  annuelles  d’un  peuple  industriel  peut  être  ajoutée  au  capital ­
  fixe,  ce  qui  n’aurait  aucun  effet  sur  la  quantité  de  travail  à  distribuer.
Barton.  Sur  la  situation  des  classes  ouvrières  /  16.
II  n’est  pas  facile  de  concevoir  comment  un  accroissement  de  capital  peut  ne
pas  accroître  la  demande  de  travail  :  le  plus  qu’on  peut  dire,  c’est  que  la  demande
va  en  proportion  décroissante.  M.  Barton,  dans  l’ouvrage  cité  plus  haut,  me  semble ­
  avoir,  d’ailleurs,  assez  bien  compris  les  effets  produits  par  l’augmentation  des
            
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