118 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
avait déjà débuté, ou sur celles dont l’exploitation
n’avait pas trop d’exigences, comme notamment le
lissage du coton. A mesure que ce dernier travail
s’étendit, l’importation des fils anglais, qu’il ren
dait nécessaire grandit. Quant aux filatures, il leur
fallut quelque temps avant d’acquérir en Prusse, sur
le Rhin, dans la Saxe, dans le grand-duché de Rade,
dans le Wurtemberg et sur quelques points de la
Ravière, une réelle importance, attendu que le droit
de douane de 2 thalers (7 fr, 50) par quintal, qui les
protégeait contre la concurrence étrangère, n’était
que trop contre-balancé par la situation favorisée
des fabriques anglaises sous le rapport des approvi
sionnements en matières premières, du meilleur
marché du combustible, de la qualité et du prix de
revient des machines, et enfin des ressources finan
cières. Jusqu’en 1842, l’importation des fils dans le
Zollverein excéda la fabrication intérieure des fils
de plus du double, et pendant qu’à la faveur d’un
droit de douane de 30 à 50 thalers par quintal les
conditions du tissage s’étaient tellement améliorées,
que l’exportation des tissus en colon fabriqués au
sein de l’association se chiffrait par 14 à 15 millions
de thalers, la plupart des filatures traînaient une
existence des plus précaires. Les deux catégories in
dustrielles se contrariaient donc par des intérêts dia
métralement opposés,et il était à prévoir que chaque
État prendrait le parti que lui dicterait la prédomi
nance de l’une ou de l’autre dans sa sphère propre.