130 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
La situation se présentait avec bien des variantes
et des contrastes chez les États associés de moyenne
ou de minime grandeur. Dès avant son entrée dans
le Zollverein, la Saxe avait principalement consulté,
pour la direction de sa politique mercantile, les in
térêts du commerce en groset delà foire de Leipzig, et
bien que, depuis, [son industrie eût prospéré au delà
de toutes les espérances, ces intérêts continuaient
à avoir le pas dans l’appréciation des questions com
merciales. Au surplus, dans le développement de la
fabrication saxonne, le tissage et les branches d’ac
tivité adjacentes avaient de beaucoup devancé tou
tes les autres industries, y compris les filatures, les
quelles ne fonctionnaient que sur une très-petite
échelle et dans un nombre très-restreint de locali
tés, de façon à ne pas pouvoir encore alimenter de
tils eu quantité suffisante les entreprises des tisse
rands. Aussi l’importation des fils étrangers, sur
tout des fils de qualité supérieure, s’était-elle accrue
d'année en année, et devait-on s’attendre à ce que
le gouvernement saxon ne se soumît qu a conlie—
cœur à des concessions, qui non-seulement contra
riaient ses intérêts, mais encore étaient requises par
le parti protectionniste avec une exagération ma
nifeste.
Parmi les autres États septentrionaux de l’Union,
c’était le Brunswick, qui, tout en ne se montrant pas
plus que la Prusse contraire à des surtaxes sur les
fils de lin et les toiles, inclinait le plus résolûment