210 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
grandes enlraves à l’intention clairement manifestée
de la Prusse d’ajourner encore pour le moment
toute discussion sur le projet B, qui avait fait naî
tre déjà bien des scrupules dans le cours môme
des conférences tenues auparavant à Vienne. Néan
moins le gouvernement autrichien ne parut pas
plus enclin à traiter isolément avec la Prusse, qu’à
renoncer à l’idée d’une union douanière, de façon
que M. de Bismarck, éclairé sans doute sur ces dis
positions par un premier entretien avec le ministre
d’Autriche, comte Buol,se tint pendant tout son sé
jour à Vienne sur la réserve la plus grande, évitant
toute démarche, toute manifestation, qui eût pu être
interprétée dans le sens d’une avance ou d’une con
cession faite par la Prusse, et se gardant de toute
proposition directe tendant à vider le différend.
Une proposition de cette nature fut au contraire
faite par le chargé d’affaires du Hanovre, mais elle
éveilla la méfiance, et n’eut pas le moindre succès,
si bien que M. de Bismarck partit de Vienne dans
les premiers jours de juillet, sans que son voyage
eût opéré de rapprochement appréciable entre la
Prusse et l’Autriche.
Cet intervalle avait été, sauf quelques interrup
tions, consacré par les conmissaires assemblés à Ber
lin à la continuation de leurs travaux, et notam
ment au traité de septembre, à la taxe sur le sucre de
betteraves, et à quelques sujets importants d adminis
tration ; et comme les coalisés ditféraient de fail e cou-