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l’allemagne économique.
quinze ans plus lard : «Espérons, disait-il en 1859,
que les deux pays n’en resteront pas là, et que l’avenir
les rapprochera davantage. Il semble au premier
abord, que deux contrées, telles que la France et l’Al
lemagne dont le climat et les produits ne diffèrent
pas très-sensiblement, qui se trouvent à peu près au
même degré de civilisation, ne comportent pas, 1 une
avec l’autre, une grande activité d’échanges. Un
examen réfléchi permet de penser le contraire.
Sous ces ressemblances il existe assez de diversités,
soit dans les productions du sol, soit dans le génie
des populations, pour fournir des aliments aux re
lations les plus actives. Les faits récents le prouvent.
Deux grandes nations qui s’enrichissent par le tra
vail ne peuvent manquer de trafiquer entre elles
avec profit, surtout lorsqu’elles sont rattachées
étroitement l’une à l’autre par le voisinage et par
les chemins de fer, par une estime mutuelle et par
la paix ! »
Ces espérances ne devaient pas être vaines ; et,
plus heureux que M. Richelot, prématurément en
levé à la science, nous avons pu assister à leur réa
lisation, de même que nous avons eu la douleur
qui lui a été au moins épargnée, de voir ensuite cette
réalisation impuissante à conjurer d’inénarrables
désastres, et les traités sombrer au milieu de la con
flagration.
Quoi qu’il en soit, dès que le pouvoir issu du
coup d’Etat du 2 décembre 1851 se fut sufflsam-