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manufacturés supérieurs. Mais la même résistance
était d’ailleurs à prévoir de la part des industriels,
aux yeux desquels un abaissement notable des droits
existants constituait une prime accordée à la con
currence française, alors que les droits quelque peu
réduits de la France n’assureraient tout de même
pas à leur fabrication un débouché important dans
cette contrée. Pour faire face à ces difiiciiltés, le
gouvernement prussien songea d’une part à peser
sur ses alliés pour leur arracher une prompte déter
mination, d’autre part à se passer de l’avis des cham
bres du commerce au sujet du traité. Mais ce dernier
procédé contrastait avec celui, qu'avait observé le
gouvernement français, qui avant de rien arrêter
avec l’Angleterre ne s’était pas adressé seulement
aux corps constitués, mais encore avait sollicité les
appréciations des coryphées de l’industrie, et avait
vaqué à ce traité avec calme, rétlexion et sollicitude.
L’absence de toute provocation n’empêcha pas
d’ailleurs certaines chambres de commerce ou cer
taines associations industrielles de formuler des re
présentations, que les ministères prussiens se bor
nèrent à déposer simplement ad acta.
De leur côté, les membres de l’association ne
parurent pas vouloir subir la pression, que la Prusse
cherchait à exercer sur eux, et qui fut plutôt de na
ture à éveiller leur méfiance à l’encontre du truité
projeté et de scs tendances. JN’avait-elle pas dans ce
mémoire qu’elle leur transmettait fin avril 1861, et