372 l’ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
que celle résolution n'eût été enlevée que par une
majorité de quatre voix (100 contre 96), les inté
ressés argumentèrent d’une majorité bien plus
forte, par cela que la minorité des 96 comprenait
tous les Autrichiens, tandis que de leur côté les
adversaires du parti prussien mettaient l’excédant
des voix sur le compte de l’emploi de moyens arti
ficieux, tels que par exemple l’admission immodérée
de corporations industrielles. Les délégués prus
siens s’étalent à runanimité prononcés en faveur du
traité, en même temps que la plus grande diversité
d’opinions se manifestait parmi les représentants
des autres contrées du Zollverein. Aussi, quand l’as
semblée se sépara, les esprits étaient-ils aussi mon
tés, et peut-être même plus aigris encore, si c’était
possible, qu’aiiparavant.
Parmi les orateurs, qui s’y étaient faits les avocats
du traité avec la France, il faut placer au premier
rang M. de Sybel qui, loin de mettre en doute la
nature politique de cet acte international, s’appli
qua bien plutôt û la mettre autant que possible en
lumière.
«Le danger pour nous, disait-il entre autres, ne
gît pas en ce que nous ditférons d’opinion sur des
dispositions de tarif, sur des intérêts exclusivement
mercantiles, mais en ce que dans ces divergences se
reflètent les périls réels ou supposés de la rivalité
politique, tant entre les facteurs actuels du Zollve
rein eux-mêmes, qu’entre ces facteurs et ceux qui