374 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
Croit-on donc que ces États ignorent que, si 1 Au
triche prenait le dessus au lieu de la Prusse, la mé
diatisation s’effectuerait en fait dans des conditions
bien plus désastreuses pour plusieurs d entre eux ?
Ou bien croil-on à l’Autriche assez d abnégation,
pour qu’elle ne voulût pas tirer parti de la supé
riorité qui lui serait acquise? »
M. Weber, qui rapporte également ces paroles,
dont il ne méconnaît pas d’ailleurs la sagacité, es
time cependant qu’elles portent en elles-mêmes
leur réfutation, puisque, si toutes les suppositions et
toutes les prémisses de M. de Sybel étaient fondées,
le traité de février n’était plus alors qu’un men
songe. Mais peut-être l’estimable historien oublie-
t-iUrop ici, qu’une alliance économique avec l’Au
triche n’avait jamais été du goût de la Prusse, et
que de tout temps celle-ci avait cherché à eu con
jurer la réalisation.
Nous sommes au déclin de l’année 1862, du der
nier jour de laquelle est datée une dépêche du mi
nistère bavarois, qui marque en quelque sorte le
terme de la polémique officielle, provoquée par le
traité de commerce avec la France, car, à partir de
ce jour, les deux camps, tout en persévérant res
pectivement dans leur manière de voir, paraissent
vouloir renoncer à des correspondances démontrées
stériles, et ne plus compter, pour dénouer la crise,
que sur des circonstances extérieures. Quant à cette
dépêche du 31 décembre 1862, elle revenait avec