PÉRIODE FINALE DU ZOLLVEREIN. 509
Prusse, soumettant à une critique aussi amère que
passionnée tous les actes, toutes les visées du gouvernement
prussien, qui offrait, il est vrai, par les
faits les plus récents et même par des faits plus
reculés en date, un assez riche aliment à ces attaques.
Si efficace et si marquante qu’eût été l’action
de la Prusse pendant de longues années de paix,
quelques litres qu elle eût acquis à la reconnaissance
pour avoir arraché l’Allemagne à l’émiettement
de ses forces, et lui avoir procuré un rang
digne d’elle dans le concert des nations européennes,
elle n’avait jamais su, à supposer qu’elle
s’y fût appliquée seulement, gagner les cœurs de la
nation germanique, pas plus d’ailleurs qu’elle ne
paraît savoir, de 1 aveu même de l’éminent chancelier
de l’Empire d’Allemagne, s’attacher par la sympathie
les provinces étrangères, que la force vient de
soumettre à son sceptre.Laissant paraître, presqueaiilant
que l’Autriche, le dessein d'accroître sa puissance
aux dépens de 1 Allemagne, les formes constitutionnelles
ne lui étaient pas non plus apparues
comme un pacte entre peuple et gouvernement, mais
comme une entrave gênante à l’arbitraire, qu’il fallait
tiailer en conséquence. Le militarisme érigé en
système gouvernemental, une tutelle hypocrite exercée
en matière do culte et d’instruction, l’épanouissement
de la bureaucratie, la compression de toute
indépendance dans la commune et dans la province
l’octroi des faveurs à certaines classes, telles étaient