PÉRIODE FINALE DU ZOLLVEREIN. 573
de ces derniers peut satisfaire des ambitions ou
calmer des inquiétudes dynastiques, le réveil et le
triomphe des véritables nationalités profitent de
toute évidence aux groupes sociaux, dont elles cimentent
la cohésion, et par ceux-ci à tous les autres
peuples, attendu qu’entre peuples, la solidarité est
manifeste et peu longue à se manifester.
Que le Zollverein, qui, ainsi que nous l’observions
tout à l’heure, a devancé l’unité allemande,
l’ait favorisée, l’ait accélérée et puisse pour une
bonne part s’attribuer le résultat final, nul de ceux
qui nous ont fait l’honneur de nous suivre jusqu’ici
n’osera sans doute y contredire I Ce qu’une langue
commune, des vicissitudes communes, de glorieux
faits d’armes, accomplis en commun au commencement
de ce siècle avaient si bien commencé ne
pouvait être mené qu’à bonne fin par l’identité des
intérêts dans le domaine matériel. Étant posé que
l’activité et les satisfactions économiques font le
fond de la vie des nations, comment les habitants
des diverses zones allemandes n’auraient-ils pas
fini par voir des compatriotes dans ceux qu’entremêlait,
que protégeait, que stimulait, qu’enrichissait
la même politique commerciale, comment n’auraient-ils
pas, en dépit de toutes les suggestions
séparatistes, soupiré après un régime politique tel,
qu’il pût protéger contre l’étranger les conquêtes
du travail commun, et assurer davantage encore
les bienfaits des institutions économiques, livrées