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bles de café, de sucre et de tabac, qui, depuis la pu
blication du nouveau tarif badois, étaient dirigés
sur le territoire de Nassau et sur Francfort, comme
conséquence de l’opinion généralement répandue et
très-alléchante pour les spéculateurs, à cause de la
source de bénétices qu’ils y voyaient, de l’accession
imminente du Nassau et de Francfort. Mais l’espé
rance d’un accord si prochain fut quelque peu déçue,
car le traité, qui faisait du duché de Nassau un
membre nouveau de l’association douanière, ne fut
signé que le 10 décembre 1835.
En ce qui concerne la ville jadis libre de Franc
fort, elle devait à sa situation favorable, à ses capi
taux, à son important commerce de commission,
l’avantage d’avoir été choisie comme lieu d’entrepôt
de toutes les marchandises étrangères et notamment
anglaises, qui de là prenaient le chemin de toutes les
régions contiguës do l’Allemagne, de la Suisse et de
l’Autriche. Tant que les États voisins n’eurent pas
établi de cordons douaniers, son négoce suivit
des voies irréprochables ; mais quand peu à peu on
eut reconnu la nécessité de protéger l’industrie in
digène contre la concurrence écrasante de l’Angle
terre, cette cité ne tarda pas à avoir recours, au
moins partiellement, à l’expédient de la contrebande.
A partir cependant de 1828, les associations doua
nières les plus importantes résistèrent à cette ten
dance, et ce fut surtout le système prussien sur les
droits de transit qui devint accablant pour le corn-