38 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
pour la semaine du 4 au 9 janvier 1915, de 1.400 francs pour celle
du 11 au 16 janvier. Le nombre des chômeurs indemnisés pendant
ces deux semaines n’était plus que 488 et 291 respectivement.Non
pas qu’il y eût une reprise du travail, mais presque tous les chômeurs
syndiqués avaient épuisé leurs droits aux indemnités réglementaires.
Les Caisses de chômage n’avaient pas de réserves importantes.
La Ville, en considération de l’œuvre de solidarité des syndicats,
décida de continuer ses majorations même quand les caisses eurent
cessé de payer leurs indemnités : dès lors, les subventions commu-
nales devenaient des secours, alloués en primes à l’esprit de prévoyance
manifesté précédemment par les syndicats.
A mesure que les syndiqués avaient épuisé leurs droits aux indem-
nités statutaires, ils passaient dans la catégorie des chômeurs secourus.
Ces secours de quinzaine, de même que les majorations ordinaires,
étaient payés chaque semaine aux fondés de pouvoir des syndicats
et répartis par les soins de ces derniers entre les chômeurs. Le mon-
tant de ses secours augmenta naturellement, à mesure que les indem-
nités statutaires diminuaient. La première liste de secours, présentée
en novembre 1914, fut de 77 fr. 50, celle de la quinzaine du 11 au
23 janvier était de 3.361 francs et concernait 775 ménages. Le secours
était de 4 francs en moyenne par ménage.
Au 23 janvier 1915, les sommes payées aux ouvriers syndiqués en
majorations s’élevaient à 104.228 fr. 84, et celles payées en secours
à 13.125 fr 50, soit au total 117.352 fr, 34.
Le Fonds intercommunal de Liége, comprenant la ville de Liége
et seize communes limitrophes dut cesser presque totalement ses
opérations dès le mois d’août 1914.
La plupart des Caisses ouvrières affiliées ne possédaient pas de
réserves suffisantes pour faire face aux conséquences d’un chômage
presque général. Aussi, avaient-elles décidé soit l’interruption com-
plète du service des indemnités, soit l’allocation de secours inter-
mittents à leurs membres ou aux plus pauvres d’entre eux.
D’autre part, les communes suburbaines, en raison de l’état précaire
de leurs finances ne pouvaient plus fournir de provisions pour le
service du Fonds. Au deuxième trimestre de 1914, le nombre des
assurés était de 5.288 dont 1.878 seulement fixés à Liége et les deux
tiers restants dans les seize autres communes affiliées. Celles-ci avaient
dû consacrer leurs faibles ressources à fournir de la soupe et du pain
à tous leurs sans-travail, syndiqués ou non.
Le Fonds de Chômage s’était donc assigné pour tâche de garder
contact avec les associations et les communes affiliées. Il avait adressé
aux communes, le 15 février 1915, une lettre où l’on lisait :