Full text: Report from the Select Committee on Slave Trade (East Coast of Africa); together with the proceedings of the Committee, minutes of evidence, appendix and index

262 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 
ajoutent à notre richesse en augmentant la valeur d’utilité; mais, 
comme ils travaillent gratuitement, comme on ne paie rien pour 
l’usage de l’air, de la chaleur du soleil, ni de l’eau, les secours qu’ils 
nous prêtent n’ajoutent rien à la valeur échangeable*. 
' M. Ricardo, en rapprochant divers passages pris en plusieurs endroits de mes 
ouvrages, sans pouvoir citer les développements que j’y donne, ni les restrictions 
que j’y mets, y trouve de l’obscurité et des contradictions. Il peut être fondé; 
mais a-t-il éclairci cette obscurité? a-t-il levé ces contradictions? 
Si l’on prend le mot richesses dans sa signification la plus étendue, les richesses 
de l’homme sont tous les biens qui, étant à sa disposition, peuvent, de quelque 
manière que ce soit, satisfaire ses besoins, ou seulement ses goûts Dans ce sens, 
l’air que nous respirons, la lumière du soleil, et même l’attachement de notre fa 
mille et de nos amis, sont des richesses. Ce sont des richesses qu’on peut appeler 
naturelles. 
Dans un sens plus restreint, et lorsqu’il est question seulement des biens que 
possèdent un homme riche, une nation riche, on trouve que les richesses sont des 
choses qui, pouvant satisfaire les besoins et les goûts des hommes en général, 
n’ont pu devenir leur propriété qu’au moyen de quelques difficultés qu’ils ont 
vaincues; d’où il est résulté pour ces choses une valeur, c’est à-dire la qualité de 
ne pouvoir être acquises qu’au moyen d’un sacrifice égal à celui qu’elles ont 
coûté. Si je consens à donner un boisseau de froment pour obtenir deux livres de 
café ; c’est parce que j’estime que la satisfaction que je me promets de deux livres 
de café vaut les difficultés qu’il m’a fallu vaincre pour créer un boisseau de fro 
ment. Si le propriétaire des deux livres de café pense de même relativement au 
boisseau de froment, je dis que la valeur échatujeable du boisseau de froment 
est deux livres de café, et réciproquement ; et si l’une ou l’autre de ces choses 
trouve à s’échanger contre une pièce de 5 francs, je dis que l’une ou l’autre sont 
une portion de richesses égale à 5 francs; qu elles le sont par leur valeur échan 
geable, et en proportion de cette valeur échangeable, h'aleur échangeable et 
richesse sont donc synonymes. 
Or, cette richesse ainsi entendue, et qu’on pourrait nommer sociale, en ce 
qu’elle ne peut exister que parmi les hommes en société, est celle qui fait l’objet 
des recherches de Y Économie politique *, parce que seule elle est susceptible de 
s’accroître, de se distribuer et de se détruire. 
Maintenant la grande difficulté est de faire concorder les lois de la richesse 
sociale, ou de l’Économie politique, avec celles de la richesse naturelle- Lorsqu’un 
produit se multiplie par le meilleur emploi que nous faisons de nos terres, de nos 
capitaux, et de notre industrie, il y a plus d’utilité (soit de richesse naturelle) 
produite, et en même temps la production de la richesse sociale semble être moin 
dre, puisque la valeur échangeable du produit diminue. La richesse sociale ne 
suit donc pas la même marche que la richesse naturelle ; de là les difficultés où se 
sont |)erdus Lauderdale et bien d’autres, et les contradictions apparentes que 
M. Ricardo me reproche. 
♦ Ce qui montre, pour le dire en passant, que Y Économie politique tsi une science bien 
nommée, puisque ce mot. d’après son étymologie, peut être traduit par cette expression : 
Loit relatives aux richesses sociales.
	        
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