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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
les salaires haussent ; on se met donc à la recherche de
procédés plus perfectionnés permettant de satisfaire à
la demande. Je crois avoir illustré suffisamment dans le
chapitre II ce fait, pour ne pas avoir besoin d’y revenir (D.
Mais il est nécessaire de développer ici un peu les
idées exposées plus haut. Car pour comprendre les cau
ses qui entrainent la formation de grandes entreprises,
nous devons remarquer avant tout qu’une même demande
peut dans les différentes industries entraîner des phé
nomènes de concentration différents. Prenons comme
exemple le tissage et la filature.
Avant l’introduction des procédés mécaniques dans
cette industrie chaque métier de tisserand avait besoin
pour son alimentation de 5 fileuses. Supposons donc
que dans un pays il y avait 100.000 fileuses et 20.000
tisserands. Si les consommateurs demandent une
quantité double de tissus, il est clair que la filature,
ayant besoin de trouver 5 fois autant de bras que le
tissage, éprouvera la nécessité plus vive de perfection
ner ses procédés techniques.
De même, l’industrie houillère qui, pour augmenter d’un
dixième la production, doit peut-être centupler les efforts
et ne pourra satisfaire à la demande qu’en introduisant
de puissantes machines d’épuisement, en modifiant tout-
à-fait la technique, etc. Le boulanger et le cordonnier,
au contraire, pourront, quand le public leur demandera
(I) Bôhm-Bawkrk. montre d’une façon abstraite comment la hausse
des salaires enlraine un développement de la production capitaliste
voir Capital und Capitalzins vol. II s. c. p. 403 ss., notamment les tableaux
p. 412-415.