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réglementation trop étroite. En outre, et surtout, leurs procédés
furent bien plus des procédés bancaires que des procédés
d’assureurs.
Le risque, dans les crédits à l’exportation, est bien celui que
nous avons étudié.
Seul, un assureur, avec ses méthodes propres, peut l’assu-
mer ? Mais, me direz-vous, pour apprécier un risque, il faut
pouvoir le connaître, et les assureurs seront tributaires des
mêmes renseignements tendancieux que ceux obtenus par les
exportateurs.
C’est ici qu’apparaît le rôle de la réassurance. Sans doute, un
assureur belge aurait-il des difficultés à apprécier lui-même un
risque en Argentine par exemple, et en cas de sinistre, à en
poursuivre le recouvrement. Aussi n’en fera-t-il rien lui-même,
laissant tout le soin, et de l’appréciation du risque et du recou-
vrement éventuel, à son réassureur résidant dans le pays
étranger. Ce réassureur, assumant lui-même une partie du
risque, sera directement intéressé à fournir des appréciations
exactes, à agir rapidement et utilement en cas de sinistre,
suivant les moyens les plus efficaces et propres à son pays.
C'est ainsi qu’une tendance s’est manifestée dans tous les
pays d'établir une organisation internationale de l’assurance
insolvabilité par un lien entre les principales Compagnies
existant dans chaque pays et la création des Compagnies
nouvelles daus les pays où il n’en existe pas. -
Ces Compagnies se consultent sur la solvabilité des firmes de
leurs pays respectifs, se réassurent entre elles par la cession à
la Compagnie du pays importateur, de la plus grosse partie
du risque accepté par la Compagnie du pays exportateur. Par
ce moyen, les relations économiques sont largement facilitées
ot pour chaque Compagnie, il n’y a pas accroissement de ris-
ques du fait des crédits couverts dans les pays étrangers.
Les avantages que nous avons développés se manifestent
ainsi plus nettement dans le domaine de l’exportation. Ils sont
une confirmation de l’utilité en matière de crédit de l’assurance,
seule formule capable d’apporter la sécurité, la régularité dans
la vie des entreprises, une certaine stabilisation dans la vie
économique des nations, au grand bénéfice de la production
mondiale, de l’écoulement des produits. Elle facilite des rela-
tions économiques normales et régulières parmi les peuples.
Ces relations seront, sans nul doute, un des facteurs essentiels
de la Paix Universelle, qui devra assurer le règne du Travail.