GENÈSE DU CAPITAL INDUSTRIEL
iil
les Godin (1), différents maîtres de forges et de verreries,
des armuriers et des tanneurs ont réussi à acquérir une
importante situation après des débuts modestes. Pen
dant la domination française notamment, grâce à une
hausse considérable des prix, beaucoup de petites entre
prises se transformèrent en grands établissements.
Ainsi Liéuin Bauwens, né à Gand, le 14 juin 1769,
était issu d’une ancienne famille industrielle, qui depuis
le XIV e siècle était inscrite dans la corporation des
tanneurs. Tandis qu’une branche de cette famille figure
dans leur livre « comme ne faisant pas le métier » et
que l’un de ses membres, Conseiller au Conseil de Flandre
fut annobli en 1731, le père de Liévin avait continué
avec succès l’industrie familiale et y avait apporté de
tels perfectionnements que ses produits luttaient victo
rieusement sur les marchés anglais avec ceux des meilleurs
fabricants du royaume. Dès l’âge de 17 ans, son fils avait
été envoyé en Angleterre pour se perfectionner et à 28 ans,
il y avait déjà fait jusqu’à trente séjours. Mais son père
était mort en 1789, et ses nombreux établissements
avaient passé à sa veuve et à ses treize enfants dont
cinq fils et huit filles. Ces établissements étaient con-
(I ) La papeterie Godin, fondée en 1613, employait trois cuves à la tin
du XVIII e siècle. D’autres élablissemente se trouvaient sur les rives du
Hoyoux, d’une importance plus ou moins grande; ici, s’étaient des ateliers
occupant une équipe de plusieurs ouvriers, là, c’était une famille traitant
pour son propre compte la paille et les chiffons. Telle était la situation
vers la tin du XVIII» siècle; mais peu à peu, les relations de la firme
Godin s’accrurent ; son importance devint de plus en plus considérable
et son usine de Chinet absorba toutes ces petites fabriques. En 1899, l’en
semble des établissements Godin occupait 2000 ouvriers. (G. Drèze. La
papeterie Godin. Liège-Exposition, janvier 1899, p. 22).