LA DÉCADENCE DU MÉTIER
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dénombrement comprend le petit commerce et les pro
fessions accessoires d’un commerce (1). Nous devons
nous servir de ce recensement avec grande prudence ;
mais nous pouvons affirmer qu’il n'établit pas un
accroissement des petits moteuis, pendant la période
où l’Office des Classes moyennes a organisé 72 confé
rences sur l’amélioration de l’outillage dans les métiers
(Rapport, s c. p. 109).
Il ne faut pas oublier que l’artisan, même si la su
périorité de la fabrique ne consistait que dans la tech
nique, aurait besoin non seulement d’une force motrice
égale, mais de machines de travail. Nous avons vu
combien grand était le nombre de ces machines, à
quel point la division du travail était avancée. Ainsi,
pour entrer en possession de la série Goodyear, qui
remplace dans la fabrication des chaussures la fabri
cation à la main, il faut débourser 40.000 francs.
Ajoutons que pour ce prix on obtient seulement en
location la plus grande partie des machines (2). Une
installation complète de boulanger coûte 25.000 francs (3).
Même si l’artisan pouvait les acheter, elles ne lui
serviraient à rien. Un boulanger de Bruxelles expri
me à ce sujet une idée qui mérite d’être retenue.
« Quand au bienfait des machines, dit-il, je ne peux
pour le moment accepter l’idée qu’il soit nécessaire ou
utile pour le petit boulanger de s’en servir, sa clien-
(1) Ib. p. 21.
(2) Office du travail. Industries à domicile, v. VI, p. 237.
(3) Commission Nationale de la Petite Bourgeoisie, v. Vil, p. 143.