PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
dont les survivances se retrouvent encore dans les lois et les
constitutions des peuples contemporains, mais dont nous
n’avons pas à nous occuper ici.
Ainsi c’est à la domestication des animaux que sont liées
les origines de la civilisation. Cette domestication remonte
loin cependant, 16 à 18.000 ans, d’après M. de Mortillet.
Cependant l’industrie pastorale ne sait rien tirer de la
terre que ce que celle-ci donne spontanément. Elle ne peut
donc faire vivre sur une superficie donnée qu’une population
très restreinte, plus que la chasse, mais moins que la pêche ;
et même la tribu ne peut vivre qu’à la condition de changer
souvent de pâturages pour faire vivre ses troupeaux. Elle est
donc condamnée à la vie nomade et en cela ce régime reste
inférieur même à celui des peuples pêcheurs.
$ 3. Les modes d’exploitation de la terre dont nous avons
parlé jusqu’ici ne s’appliquent qu’à l’alimentation animale,
mais l’alimentation végétale a suivi un développement
parallèle.
La cueillette a servi à l’alimentation des hommes bien
avant la chasse : elle a été symétrique à la quêté, mais a tenu
une beaucoup plus grande place dans les moyens d’existence
des populations primitives et même s’est prolongée jusque
dans les premiers âges de la civilisation. Si le chène a été
l'arbre de Jupiter, ce n’est pas seulement parce qu’il attirait
la foudre mais parce qu’il a pour fruit le gland et que le
gland a été le pain des hommes pour les peuples habitant
l'Europe, alors qu'ils étaient déjà, comme les Gaulois,
arrivés à la période historique : on mangeait encore du pain
de glands du temps de Charlemagne (1).
Du jour où l’homme eut appris à domestiquer les animaux
sauvages, l’idée lui vint sans doute qu’il pourrait de même
domestiquer, élever, en un mot cultiver les plantes sauvages
(1) Ceux qui ont essayé de grignoter des glands crus ne peuvent croire que
les hommes aient jamais pu tolérer un pareil aliment. Mais 1ls ne trouveraient
guère plus appétissants les grains de blé s'il fallait les manger tels qu’ils
sortent de l’épi ! Les hommes qui vivaient de glands ne les mangeaient pas
crus non plus : ils savaient sans doute trouver les moyens de les apprêter.
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