CHAI* VI. — DES DKOFITS. «j3
extraordinairement encouragée; mais ce fait, que nous admettons,
ne saurait invalider la théorie. 11 sera toujours vrai que les profits
dépendent de la cherté ou du bas prix des salaires; que les salaires
sont réglés par le prix des denrées de première nécessité, et que le
prix de ces dernières tient principalement à celui des aliments ; caria
quantité de toutes les autres choses peut être augmentée d une ma
nière presque illimitée.
L’on devrait se rappeler que le prix courant varie toujours, et va
ne d’abord par le rapport de l’offre et la demande. C’est ainsi que du
drap qu on peut donner à 40 s. l’aune en prélevant les profits ordi
naires sur le capital, pourrait hausser jusqu’à 00ou 80 s., en raison
des exigences de la mode, ou par suite de quelque autre causer, qui
tout à coup, et sans qu’on s’y attendit, en augmenterait la demande
ou en diminuerait l’approvisionnement. Les fabricants de draps fe
ront, pendant quelque temps, des profits extraordinaires ; mais les
capitaux afflueront vers ce genre de fabrique jusqu’à ce que l’offre
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haut pour que lo fcrnucren relire plus que les prolils orUiiiaires. s'il
' ® le prix du Wé baissera hientAt à
son ancien niveau, après que la quantité nécessaire de capital aura été
employee sur ces terrains, - les pix.lils restant d’ailleurs les mêmes
Hais s 11 11 y avait pas assez, de terres fertiles; et si, pour prixluire ce
SUIcroit de lile, d fallait plus que la quantité ordinaire de travail et
lie capilal, le lilé ne baisserait plus à son ancien niveau. Son prix
naturel s eicverail, et le fermier, au lieu d'olilcnir constamment de
plus praiids piolits, sc verrait forcé de se contenter du taux diminué
||U1 est la suite inévitable de la liaus.se de main d'œiivre bauss,.
causee par celle des choses nécessaires. ^
Les profits tendent naturellement à baisser, parce que dans h*
progrès delà société et de la richesse, le surcroît de subsistances né
cessaires exige un travail toujours croissant. Cette tendance, ou nour
amsi dire, cette gravitation des profits, est souvent et heureusement
ariitec par le pcrfectioiinemcnt des macliiiiea qui aident à la pi-oduc-
1011 des cboscs necessaires, ainsi que par I eilet des découvertes
agronomiques, qui nous donnent le moyen d’épargner une portion
ravail, et de diminuer ainsi le prix des articles de première né-
'• lté poui la consommation de l’ouvrier. Le renchérissement des
•clés de première nécessité et des salaires a cependant des