PRINCIPES DE L'ECONOMIE POLITIQUE.
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CHAPITRE VIE
DU COMMERCE EXTERIEUR.
Le commerce extérieur, quelle que soit son importance, ne sau
rait augmenter tout à coup les valeurs nationales, quoiqu’il con
tribue puissamment à accroître la masse des choses utiles, et par con
séquent celle des jouissances. Comme la valeur de toute marchandise
étrangère ne s’estime que par la quantité des produits de notre sol
et de notre industrie que nous donnons en échange, lors même
qu’en échange d’une quantité donnée de nos marchandises nous
obtiendrions, dans les marchés nouvellement ouverts, le double en
marchandises étrangères, nous ne recevrions cependant pas une va
leur plus considérable. Si, par l’emploi d’une valeur de 1,000 1. st.
en marchandises anglaises, un négociant peut obtenir en retour des
marchandises étrangères qui rapportent, en Angleterre, 1,200 1., il
gagnera 20 pour cent par cet emploi de capital ; mais ni son béné
fice, ni la valeur des marchandises importées n’augmenteront ou ne
diminueront par le retour plus ou moins fort en marchandises étran
gères. Qu’il importe vingt-cinq ou cinquante pipes de vin, scs in
térêts n’en souffriront nullement, si à deux époipies différentes les
vingt-cinq, comme les cinquante pipes, lui rapportent également
1,200 1. Dans l’un comme dans l’autre cas, il aura uu hénélic# de
200 1., ou de 20 pour cent sur son capital, et une valeur égale aura
été importée eu Angleterre. S’il tire plus de 1,200 1. de ses cinquante
pipes, ce marchand fera un profit supérieur au taux général, et
un commerce aussi lucratif attirerait bientôt les capitaux, jusqu’à
ce que la baisse dans le prix du vin eût tout ramené à l’ancien
niveau.
On a néanmoins prétendu que les gros bénéfices que retirent
certains négociants du commerce étranger, font hausser le taux gé
néral des profits dans le pays, et que les capitaux que l’on détourné