118 1*KINCIPES DE L’ÉCüNOMlE POLlTl^jEE.
Quand il est question du eliange et de Ja valeur e*oni[)arative de
l’argent entre deux pays, il ne faut nullement eonsidérer Ja \aleur
relative du numéraire, estimée en denrées. Jamais le taux du eliange
ne peut être déterminé en eomparant la valeur de l’argent avec
celle du blé, du drap, ou de tout autre produit. L’échange n’est que
• la valeur de la monnaie d'un paN s comparée à la \ aleur de la mon
naie d’un autre ])ays.
On peut encore connaître le taux du change entre deux jiays en
comparant la valeur de leur monnaie avec une mesure lixe, et com
mune aux deux pays. Si, par exemple, avec une traite de 100 1. st.
sur l’Angleterre on peut acheter en France ou en Espagne une quan
tité de marchandise égale à celle qu’on achèterait avec une traite
de pareille somme sur Hambourg, c’est une preuve que le change
entre l’Angleterre et Hambourg est au pair ; mais si avec une traite
de 1301. sur l’Angleterre on n’achète pas plus qu’avec une de 1001.
sur Hambourg, le change sera de 30 pour 100 eoiitrc l’Angle
terre.
Moyennant 100 1. on jieut acheter en Angleterre une lettre de
change ou le droit de reéevoir 1011. en Hollande, 102 1. en France,
et 105 1. en Espagne. On dit dans ce cas (pie le change est de 1 pour
100 contre la Hollande, de 2 contre la Franee, et de 5 contre l’Es-
pagne. (Ma annonce qu’il y a pro[)orlioniiellcment plus de numé
raire dans ce pays qu’il ne dcM-ait y en a\oir, et la \aleur compara
tive du numéraire de cha([ue pa; s sera bienU'd ramenée au pair si
l’on retire l’argent ([ui est en excès dans les autres pays, et si on le
fait passer en Angleterre.
Ceux qui ont soutenu que la monnaie anglaise était dépréciée pen
dant les dernières dix annt'cs, quand le cours du change variait de
20 à 30 pour 100 contre ce pays, n’ont jamais jirétendu, eomme on
lesen a accusés, que la monnaie ne put pas être d’une plus grande
valeur dans un pays que dans un autre, comjiaive aux divei’ses mar
chandises. Ils ont seulement soutmiu qu’il était imjiossihle d’expli
quer, sans admettre cette dépréciation, comment l’Angleterre poinait
pour ces inarchaiidises que pour les métaux précieux. Les différents degréis de
difficultés ([u’ily aà transporter les marchandises d’un pays dans un autre, soit
(pie la difficulté naisse de la nature des choses ou des lois, sont la seule raison
qui établisse une grande différence de prix en argent pour ces marchandises dans
les deux pays. —J -B. Say.