Full text : Oeuvres complètes

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PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.

CHAPITRE  XL
DE  LA  DÎME.

La  dîme  est  un  impôt  sur  le  produit  brut  de  la  terre,  qui,  eomme
les  impôts  sur  les  matières  premières,  retombe  entièrement  sur  le
consommateur.  Elle  diffère  d’un  impôt  sur  les  rentes  en  ce  qu’elle
frappe  des  terres  que  cet  impôt  ne  saurait  atteindre,  et  en  ce  qu’elle
fait  hausser  le  prix  des  produits  agricoles  qu’un  impôt  sur  les  rentes ­
  n’altérerait  pas.  Les  meilleures  comme  les  plus  mauvaises  terres
paient  la  dîme,  et  la  paient  dans  l’exacte  proportion  de  la  quantité
des  produits  qu’on  retire  de  cbaeunc.  La  dîme  présente  donc  tous
les  caractères  de  l’égalité.
Si  les  terrains  de  la  dernière  qualité,  ou  ceux  qui  ne  paient  pas  de
rente,  et  qui  règlent  le  prix  du  blé,  donnent  des  produits  suffisants
pour  rapporter  au  fermier  les  i)rofits  ordinaires  du  capital,  quand
le  prix  du  blé  est  à  4  1.  le  quarter,  il  faut  que  le  blé  monte  à  ^  1.
8  sell,  pour  qu’il  puisse  retirer  les  mômes  profits  après  le  paiement
de  la  dîme;  car  pour  cbaqoe  quarter  de  blé  le  cultivateur  est  tenu
de  payer  huit  scbellings  au  clergé.
La  seule  différence  qu’il  y  ait  entre  ta  dîme  et  l’impôit  sur  les
produits  agrieoles,  c’est  que  l’un  est  un  impôit  pécuniaire  variable,
et  que  l’autre  est  un  impôit  |)écuniaire  fixe.  Lorsque  l’état  d’une  nation ­
  est  stationnaire,  et  qu’il  n’y  a  ni  plus  ni  moins  de  facilité  pour
¡iroduirc  du  blé,  ces  deux  impôits  ont  des  effets  identiques;  car  dans
un  tel  état  de  choses  le  prix  du  blé  devient  invariable  eomme  l’impôt. ­
  A  une  époque  de  décadenee  ou  de  progrès  pour  l’agriculture,
alors  que  les  produits  agrieoles  baisseront  de  valeur  par  rapport  aux
autres  marebandises,  la  dîme  sera  moins  lourde  qu’un  impôt  jierinanent
  en  monnaie  ;  car,  si  le  prix  du  blé  baissait  de  ^  1.  à  .T  I.,  l’impôt ­
  devrait  baisser  de  huit  à  six  scbellings.  Dans  un  état  progressif
de  civilisation,  mais  dans  lequel,  cejiendant,  il  ne  s’oj)érerait  aucun
grand  perfectionnement  en  agriculture,  le  prix  du  blé  montera,  et
            
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