Full text: Oeuvres complètes

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PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 
la rente, ou bien s’il en sera indemnisé par le plus baut prix des 
produits de sa ferme. Par les raisons que j’ai déjà données, il me 
parait certain que l’elfet de ces impôts serait de faire hausser le 
prix des produits, et par conséquent que Adam Smith a considéré 
cette question importante sous un faux jour. 
Cette manière de voir de Smith est probablement ce qui [lui fait 
dire que « la dime et~tout autre impôt sont, sous l’apparence d’une 
» égalité parfaite, des impôts extrêmement inégaux ; une portion 
» lixe du produit étant, suivant la dillérence des circonstances, 
« l’équivalent de portions très -dillérentes du fermage. « Je me 
suis attaché à montrer que de tels impôts ne pesaient point d’une 
manière inégale sur les dillérentes classes des fermiers et des pro 
priétaires, les uns comme les autres se trouvant dédommagés par 
la hausse du prix des produits du sol, et ne contrihuant à l’impôt 
qu’en proportion de ce qu’ils consomment de ces produits \ il ) a 
même plus ; car, en tant que les salaires éprouvent des variations, et 
que, par Teilet de ces variations, le taux des profits est changé, la 
classe des propriétaires, bien loin de fournir tout son contingent pour 
l’impôt, est précisément la classe qui en est particulièrement exemp 
tée. C’est la part des prolits du capital, enlevée par Timpôt, qui re 
tombe sur les cultivateurs, lesquels, par Tiusullisance de leurs fonds, 
ne peuvent pas payer des impôts. Cette portion ¡lèse exclusivement 
sur toutes les personnes qui tirent leur revenu de l’emploi d’un capi 
tal, et par conséquent elle n’a aucun eilet sur les propriétaires. 
11 ne faut pourtant pas inférer de cette manière d’envisager l’ef 
fet de la dime et des impôts sur la terre et sur ses produits, que 
ces impôts ne découragent pas la culture des terres, fout ce qui 
augmente la valeur échangeable des denrées de toute espèce ¡lour 
lesquelles il y a une forte demande générale, tend à déenurager la 
culture, ainsi que la production ; mais c’est là un mal inhérent à 
* iM, Ricardo part toujours du principe qu’on est loin de lui accorder, que 
l'impôt sur les premiers produits, et que Timpôt en nature, comme la dime, ne 
tombent pas sur le propriétaire foncier, mais bien sur le consommateur. C’est 
qu’il admet pour la lixatioii des prix d’autres bases que la quantité offerte et 
la quantité demandée de chaque chose eu chaque lieu, quoiqu'il n’y en ait point 
d’autre. C’est sur ce fondement que Smith a justement établi que Timpôt sut 
les terres , aussi longtemps (|u’il n’altère pas la qualité et la quantité des pro 
duits livrés à la consommation, n'en fait pas hausser le prix, et par conséi|uent 
n’est pas payé par le consommateur. — .L-R. Sav.
	        
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