Full text: Oeuvres complètes

460 PRINCIPES PE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 
à la quatrième des maximes éiioneées ei-dessus; mais il ne l’est point 
à la première. 11 peut enlever au public plus qu’il ne rapporte au 
trésor de l’État; mais il ne pèsera inégalement sur aucune classe 
particulière de contribuables. 
M. Say me parait avoir mal saisi la nature et les effets de l’impôt 
foncier en ‘Angleterre dans le passage suivant : « Plusieurs écrivains 
.> attribuent à cette fixité d’évaluation la haute prospérité où l’agri- 
» culture est portée en Angleterre. Qu’elle y ait beaucoup contribué, 
» c'est ce dont il n’est pas permis de douter ; mais que dirait-on si 
» le gouvernement, s’adressant à un petit négociant, lui tenait ce 
» langage : Vous faites, avec de faibles capiiaujr. un commerce borné . 
» et votre contribution directe est en conséquence peu de chose. hJm- 
» prunlez et accumulez des capitaux, étendez votre commerce, et 
» qu'il vous procure d’immenses profits : vous ne paierez toujours que 
» lámeme contribution; bien plus, quand vos héritiers succéderont à 
» vos profits. et les auront augmentés, on ne les évaluera que comme 
« ils furent évalués pour vous, et x^os successeurs ne supporteront pas 
« une plus forte part des charges publiques. 
» Sans doute et serait un grand encouragement donné aux manu- 
» factures et au commerce; mais serait-il équitable? Leur progrès 
» ne pourrait-il avoir lieu qu’à ce prix? En Angleterre même, l’in- 
» dustrie manufacturière et commerciale n’a-t-elle pas, depuis la 
» même époque, fait des pas plus rapides encore, sans jouir de 
» cette injuste faveur? 
» Un propriétaire, par ses soins , son économie, son intelligence, 
» augmente son revenu annuel de 5,000 fr. Si l’État lui demande 
» un cinquième de cette augmentation de revenu , ne lui res- 
« te-t-il pas 4,000 fr. d’augmentation pour lui servir d’encoura- 
» gement? » 
Si l’on suivait l’idée de M. Say , et que l’État réclamât du fermier 
le cinquième de son revenu augmenté, cette contribution serait iH' 
juste ; elle entamerait les prolits du fermier sans affecter les profit» 
des autres branches d’industrie, foutes les terres seraient également 
sujettes à l’impôt, celles qui rendent peu et celles qui rapportent 
beaucoup; et sur les terres qui ne paient pas de rente, il ne pourrait 
y avoir de compensation à l’impôt dans une réduction de la rente. 
Un impôt partiel sur les profits ne frappe, jamais le genre d’industrie 
sur lequel il est assis ; car le commerçant quittera son commerce, 
ou se remboursera de l’impôt. Or, ceux qui ne paient pas de rente, 
ne pouvant être dédommagés que par. la hausse du prix des produits?
	        
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