164
PKiNciPKs DE L’Economie politique.
CHAPITRE XIII.
DES IMPÔTS SLi; l’or.
L’impôt, comme toute difficulté ajoutée à la production, amè
nera toujours à la lin la hausse des denrées ; mais le temps qui peut
s’écouler avant que le prix coiîrant devienne conforme au prix
naturel, dépendra de la nature de la denrée, de la facilité avec
laquelle la quantité peut en être réduite. Si la quantité de la denrée
imposée ne peut être réduite; si, par exemple, le capital du fer
mier ou celui du chapelier ne pouvaient être détournés vers un
autre emploi, il serait fort indifférent que leurs prolits fussent ré
duits au-dessous du niveau général par l’effet d’un imjmt. A moins
que la demande de leurs marchandises n’augmentât, ils ne pour
raient jamais élever le prix courant du hlé et des chapeaux jusqu’au
niveau de l’augmentation du prix naturel de ces articles. S’ils me
naçaient de quitter leur métier, et d’aller employer leurs capitaux
dans un commerce plus favorisé, on regarderait cela comme une
vaine menace qu’ils ne peuvent pas exécuter; et par conséquent la
diminution de production ne ferait pas hausser le prix
Mais les denrées de toute espece peuvent être réduites en quan
tité, et on peut également détourner les capitaux d’un genre de
commerce moins lucratif vers un autre qui l’est davantage, quoi
que cela se fasse avec plus ou moins de lenteur. Selon que l’appro
visionnement d’une denrée est susceptible d’être réduit plus aisé
ment, le prix en augmentera plus vile quand la production sera
devenue plus difficile, par l’effet d’un impôt ou de toute autre cause.
Le blé étant une denrée indispensablement nécessaire pour tout 1**
monde, l’impôt aura à peine quelque effet sur la demande du blé,
et par conséquent l’approv isionnement ne saurait en être longtemp*^
surabondant, alors même que les producteurs éprouveraient de
grands obstacles à détourner leurs capitaux de la terre; le prix du