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CHAP. XV. — DES IMPOTS SL'H LES PKODUITS.
échappe à la taxe. Quant au propriétaire, il a tout intérêt à voir
taxer les profits de sa ferme, car c’est seulement à cette condition
Hu il peut se soustraire à l’impôt. Un impôt sur les profits du capi-
al afïecterait aussi le capitaliste , dans le cas où toutes les denrées
hausseraient à proportion de l’impôt ; mais si, par le changement
^ ''aleur de l’argent, toutes les denrées descendaient à leur ancien
pï'ix, le capitaliste ne contribuerait pour rien à l’impôt; il achèterait
tous les objets de sa consommation au même prix, mais ses fonds
continueraient à lui rapporter les mêmes intérêts en argent.
Si 1 on convient qu’en imposant les profits d’un seul manufactu
rier, il doit élever le prix de sa marchandise, afin de se trouver de
niveau avec tous les autres manufacturiers, et qu’en imposant les
profits de deux manufacturiers, le prix des marchandises de chacun
doit hausser, je ne conçois pas comment on peut douter qu'un im
pôt mis sur les profits de tous les manufacturiers doive faire haus
ser le piix de toutes les marchandises, pourvu que la mine qui four
nit les métaux précieux se trouve dans le pays imposé. Mais comme
l’argent ou les métaux précieux dont le numéraire est fabriqué sont
une marchandise importée de l’étranger, les prix de toutes les mar
chandises ne pourraient pas hausser ; car un tel effet ne peut avoir
heu sans un surcroît d’argent " qu’on ne pourrait obtenir en échange
de marchandises chères, ainsi que nous l’avons déjà démontré.
Si cependant une telle hausse pouvait s’opérer, elle ne saurait être
permanente, car elle aurait unej puissante influence sur le com
merce étranger. En échange des marchandises importées, nous ne
pourrions pas exporter des marchandises renchéries, et par consé-
' De plus longues réflexions me font douter de la nécessité où l’on se trouverait
avoir plus d’argent pour desservir la circulation de la même somme de mar-
rnùl dans le cas où les prix hausseraient par l’impôt et non par les diffi-
fOO 000^ * production. Supposons qu’à une certaine époque, en un certain lieu,
ÜpSü'sisi
nuenTeiit • a ^"^rters, il me faudrait la même somme de numéraire, uni-
soinmpr .'/tous les cas je paierais 44 1. pour mon blé. La nation con
sommât" ' "" onzième de moins, et ce onzième irait augmenter la con-
mais c w” " gouvernement. L’argent serait prélevé par l’État sur le fermier,
ohe réll"'^' retrouverait les 8 sch. dans la vente de son blé. Aussi cette taxe est-
raire on nature, et n’exige-t-elle aucun excédant de numé-
’ U moins, cet excédant est-il si faible qu’on peut le négliger sans crainte.