Full text : Oeuvres complètes

186

PRlNCll'ES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIUCE.

CHAPITRE  XVI.
DES  IMPÔTS  SOR  LES  SALAIRES.

Des  impôts  sur  les  salaires  feront  monter  les  salaires,  et  diminueront ­
  par  conséquent  le  taux  des  profits  du  capital.  Nous  avons  déjà
vu  qu’un  impôt  sur  les  objets  de  première  nécessité  en  faisait  hausser ­
  le  prix,  et  était  suivi  de  la  hausse  des  salaires.  La  seule  différence
entre  un  impôt  sur  les  objets  de  première  nécessité  et  un  impôt  sur
les  salaires,  consiste  en  ce  que  le  premier  est  nécessairement  sui\i
de  la  hausse  du  prix  des  objets  de  première  nécessité,  et  que  le
second  ne  l’est  pas.  Un  impôt  sur  les  salaires  ne  pèse  donc  ni  sur  le
capitaliste,  ni  sur  le  propriétaire  foncier;  il  pèse  uni(}uement  sur
ceux  qui  emploient  des  travailleurs.  Un  impôt  sur  les  salaires  n’est
autre  chose  qu’un  impôt  sur  les  profits,  tandis  qu’un  impôt  sur
les  objets  de  première  nécessité  est  en  partie  un  impôt  sur  les  profits ­
  ,  et  en  partie  un  impôt  sur  les  consommateurs  riches.  J.es  effets
qui  doivent  résulter,  en  dernière  analyse,  de  pareils  impôts,  sont
précisément  les  mômes  que  ceux  occasionnés  par  un  impôt  direct
sur  les  profits.
«  Deux  circonstances  différentes,  dit  Adam  Smith,  comme  j’ai
»  tâché  de  le  faire  voir  dans  le  premier  Jàvrc,  règlent  partout  né-»
  cessai  remen  t  le  salaire  des  ouvriers;  savoir  :  la  demande  de  travail
»  et  le  prix  moyen  ou  ordinaire  des  denrées.  La  demande  de  travail,
»selon  qu’elle  se  trouve  aller  en  au^nnentant,  ou  rester  station-»
  naire,  ou  aller  en  décroissant,  rèfîle  différemment  la  nature  de  la
»  subsistance  du  travailleur,  et  détermine  le  de^ré  auquel  cette
«  subsistance  sera,  ou  abondante,  ou  médiocre,  ou  chétive.  Le  prix
»  moyen  et  ordinaire  des  denrées  détermine  la  quantité  d’argent
»qu’il  faut  payer  à  l’ouvrier  pour  le  mettre,  une  année  portant
»  l’autre,  à  môme  d’acheter  cette  subsistance  abondante,  médiocre  ou
»  chétive.  Ainsi,  tant  que  la  demande  de  travail  et  le  prix  des  den-»
  rées  restent  les  mômes,  un  impôt  direct  sur  les  salaires  du  travail
            
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