Full text : Oeuvres complètes

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I>K1NC1Í>ES  DK  I/ÉCONOMIE  POI.ITIQUE.
Quant  au  second  point,  qui  est  de  savoir  si  un  impôt  sur  Jes  sa
Iaires  du  travail  doit  faire  monter  le  prix  de  la  main-d’œuvre,

pas  du  grain  d’un  pays  où  il  manque  constamment,  et  où  il  est  par  conséquent
plus  cher  que  partout  ailleurs.
M.  Buchanan  est  donc  fondé  à  dire  que  chacun  des  consommateurs,  a,  pour  ce
qui  regarde  le  blé,  une  moins  grosse  part  à  consommer,  et  qu’il  la  paie  aussi
cher  que  si  elle  était  plus  grosse.
(^ette  législation  est  nécessitée  par  la  circonstance  qu’il  y  a  en  Angleterre,  dans
la  réalité,  deux  prix  naturels  pour  le  blé.  L’un  se  compose  des  frais  de  production ­
  du  blé  produit  par  les  fonds  de  terre  du  pays  ;  l’autre,  des  frais  de  production ­
  du  blé  produit  par  l’industrie  commerciale,  du  blé  que  l’Angleterre  doit  a
son  commerce.  Ce  dernier  prix  est  eu  général  plus  bas  que  l’autre  ;  et  si  le
gouvernement  n’ordonnait  pas  qu'il  ne  sera  versé  du  blé  du  commerce  qu’autant
que  le  prix  s’en  élevera  à  80  sch.,  les  cultivateurs  ne  pourraient  soutenir  la
concurrence  des  négociants;  ils  ne  vendraient  pas  un  quarter  de  grain  ce  que  ce
quarter  leur  coûte;  ils  abandonneraient  cette  culture  ,  au  moins  eu  partie  ,  et
acquitteraient  ditlicilement  leurs  contributions,  leurs  fermages  et  la  taxe  des
pauvres.  C’est  ainsi  que  l’autorité  publique  entretient  perpétuellement  une  espèce ­
  de  disette  factice,  un  prix  monopole,  qui,  par  suite  du  même  système,
s  étend  à  beaucoup  d’autres  marchandises,  rend  la  vie  difficile,  et  chasse  hors
de  leur  terre  natale  un  si  grand  nombre  d’Anglais.  Pour  être  conséquent  dans

En  disant  que  cette  loi  nouvelle  doit  rayer  la  famine  et  les  crises  industrielles  de  l’ordre  du
jour  des  nations,  j’en  aurai  suffisamment  fait  connaître  la  grandeur.  La  réforme  accomplie  a
travers  les  luttes  ardentes  de  la^trlbune  anglaise  ou  pugilat  des  hustings,  cette  réforme  qui
a  détruit  l’inique  rançon  payée  par  la  chaumière  au  palais,  par  le  prolétaire  a  l’aristocrate,
me  semble,  en  effet,  le  plus  grand  triomphe,  que  la  science,  incarnée  dans  quelques  hommes,
  ait  remporté  au  profit  du  genre  humain.  Sans  doute,  ce  n’est  pas  au  moyen  de  quelques ­
  articles  votes  dans  l’enthousiasme  d'une  cause  sainte,  que  l’on  peut  prévenir  à  jamais ­
  le  retour  des  disettes,  des  souffrances  manufacturières,  des  diminutions  de  salaires.
Décréter  une  aliondance  perpétuelle,  serait  renouveler  le  miracle  des  noces  de  Cana,  ou  de"  la
multiplication  des  pains,  et  nous  ne  croyons  pas  même  que  les  protectionistes  s’en  chargent,
eux  qui  multiplient  si  facilement,  cependant,  le  nombre  des  ouvriers  employés  dans  les  forges,
les  liouillieres;  eux  surtout,  qui  ont  fait  ce  miracle  étonnant  de  faire  croire  à  35  millions
d  hommes  que  ce  qui  les  ruine  lesenrichil.il  serait  donc  absurde  de  rendre  les  institutions
humaines,  responsables  des  caprices  de  l’atmosphère,  et  des  calamités  qui  s’opposent  à  leur
bienlaisanle  influence.  Qu’est-ce  en  effet  que  la  famine,  si  ce  n'est  le  rétablissement  virtuel  des
vieilles  lois  sur  les  céréales  par  la  main  du  hasard?^  je  ne  veux  pas  dire  de  la  Providence.  Les
forces  humaines/ie  peuvent  rien  contre  ces  brutalités  du  sort.  Je  me  trompe  elles  pourrraienten
alléger  le  poids  en  les  répartissant  sur  le  monde  entier,  et  en  appelant  au  secours  des  provinces
désolées,  celles  dont  les  moissons  ont  été  respectées  ;  elles  peuvent  préparer  les  approvisionnements, ­
  en  abaisser  le  prix  par  l'extension  des  marchés,  et  la  régularité  des  opérations
commerciales  :  elles  peuvent  faire,  enfin,  ce  qu’elles  ont  fait  et  font  encore  pour  l'Irlande,
qui  se  lut  éteinte  sans  elles  dans  le  blasphème,  le  sang  et  la  faim.  N’avons-nous  pas  été  nous
mêmes  demander  un  conseil  aux  vieux  maîtres,  aux  Turgot,  et  aux  Smith,  à  l’approclie  de  la
crise,  comme  cette  Rome  altière,  qui  implorait,  aux  jours  du  danger,  l’appui  de  ses  grands
hommes  exilés.  En  voila  bien  assez  pour  porter  haut  la  mémoire  des  Cobden,  des  Bright,  des
W  ilson,  des  Villiers,  et  la  venger  des  tristes  et  mensongères  attaques,  dont  on  voudrait  la  ternir
sous  prétexte  de  léodalité  industrielle,  d’oppression  de  l’ouvrier,  etc.,—toutes  choses  que.la
liberté  du  commerce  est  appelée  à  balayer  progressivement.  _  f.
            
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