i9fi PRINCIPKS DE L’ECONOMIE POLITIQUE.
M. Buchanan oublie que les fonds que le gouvernement lève par
l’impôt sont par lui employés à l’entretien de travailleurs, à la vé
rité improductifs, mais qui sont cependant des travailleurs. Si, lors
que les salaires sont imposés, le prix du travail ne montait pas, il y
aurait une grande augmentation dans la demande des bras ; car les
capitalistes, qui n’auraient rien à payer sur cÆt impôt, auraient les
mêmes fonds disponibles pour donner de l’emploi à des ouvriers,
tandis que le gouvernement aurait, dans le montant de l’impôt qu’il
aurait reçu, un surcroît de fonds pour le même emploi. Le gouver
nement et la nation se trouveraient par là en concurrence, et la suite
de leur rivalité serait la hausse du prix du travail. On n’emploie
rait que le même nombre d’ouvriers, mais on leur donnerait de
plus forts salaires ‘.
tité de travail industriel se proportionne au capital productil de la société;
qu’ainsi il ne peut pas y avoir moins de chapeaux produits après l’impôt qu’au-
paravant ; que la quantité offerte restant la meme, le prix n’en peut pas monter,
et que s’il y a 2 fr. d'impôt à payer, il faut que ce soit l’entrepreneur seul qui en
supporte la perte.
Je répondrai, en premier lieu, qu’un commerce grevé d’impôts exige, en pro
portion des quantités produites, plus de capitaux ; en second lieu, qu’une partie
des capitaux sorte évidemment d’un emploi qui devient moins avantageux, sans
que ce soit toujours pour se porter sur d’autres productions également favora
bles au bien-être de la société, et qu’ils eu sortent aussi pour être voués à la
consommation improductive, à la destruction. Ne voyons-nous pas chaque an
née, au moyen des emprunts publics, la plupart des gouvernements de l’Europe
détruire une partie considérable des épargnes et des capitaux de leurs sujets ?
Us rendent d’une part la production désavantageuse par des impôts exagérés,
et d’autre part offrent complaisamment aux producteurs de dévorer a la suite d’un
emprunt les capitaux qui, par leur faute, rendent trop peu entre les mains de
l’industrie. Le vice nourrit le vice ; et s’il n’y avait pas maintenant en Europe,
dans le monde entier, un développement de connaissance et d’activité industrielle
supérieur a tous les exemples que nous fournissent les temps historiques, un
développement qui fait plus que balancer les maux qui résultent de la mal-ad
ministration, il ne tiendrait pas a la politique européenne que la civilisation du
monde rétrogradât on ne sait où. —J.-B. Sav .
‘ N’y a-t-il point dans tout ce qui précède une confusion entre le fonds
destiné à la consommation improductive, à la simple satisfaction des besoins
de l’homme, et le fonds destiné à la reproduction, qu’on nomme le capital ?
Lorsqu’on fait payer à un ouvrier un impôt qu’il ne pt'ut se faire rembourser
ni par son maître, ni par le consommateur du produit auquel il concui.it
lorsque le montant de cet impôt est donné a un courtisan, il est clair que le
fonds de consommation du courtisan ou du percepteur est augmenté de tout
ce qui est ôté au fonds de consommation de l’ouvrier; les jouissances du pre-