Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  XVI.  —  DES  IMPOTS  SUR  LES  SALAIRES.
seront  diminuées  par  l’effet,  non-seulement  de  l’impôt  en  question,
niais  de  tout  autre  moyen  servant  à  prélever  la  même  somme.
].,  erreur  d’Adam  Smith  vient  d’abord  de  et^  qu’il  suppose  que  tout
impôt  payé  par  le  fermier  doit  nécessairement  retomber  sur  le  propriétaire, ­
  sous  la  forme  d’une  réduction  de  rente.  Quant  à  cet  objet,
me  suis  déjà  expliqué  dans  le  plus  p^rand  détail,  et  je  me  flatte
fl  a\oir  démontré  ,  à  la  satisfaction  du  lecteur,  que  puisqu’un  capital
(onsidérable  est  employé  sur  les  terres  qui  ne  paient  pas  de  rente,
<t  puisque  c  est  le  résultat  obtenu  au  moyen  de  ce  capital  qui  règle
le  prix  des  produits  agricoles,  il  ne  saurait  être  fait  de  déduction
flans  les  rentes.  Par  conséquent,  ou  il  ne  sera  point  accordé  de  compensation ­
  au  fermier  pour  l’indemniser  de  l’impôt  sur  les  salaires;
ou,  s’il  en  obtient  une,  ce  ne  sera  qu’au  moyen  d’un  renchérissement
fl  es  produits  agricoles.
Si  l’impôt  est  trop  onéreux  pour  le  fermier,  il  pourra  élever  le
prix  de  ses  denrées  premières,  afin  de  se  mettre  de  niveau  avec  les
autres  commercants  ;  mais  un  impôt  sur  les  salaires,  qui  ne  pèserait
î>as  plus  sur  son  commerce  que  sur  celui  des  autres,  ne  pourrait  ni
être  rejeté  sur  ceux-ci,  ni  compensé  par  la  hausse  des  produits  agricoles; ­
  car  le  même  motif  qui  pourrait  l’engager  à  élever  le  prix  du
blé,  c’est-à-dire  ,  le  désir  de  se  rembourser  de  l’impôt,  déciderait
le  fabricant  de  draps  à  élever  le  prix  de,  ses  étoffes,  et  le  cordonnier,
le  chapelier  et  le  tapissier,  à  augmenter  le  prix  de  la  chaussure,  des
chapeaux  et  des  meubles.
S’ils  peuvent  tous  augmenter  le  prix  de  leurs  marchandises  de  manière ­
  à  SC  rembourser  avec  profit  de  l’impôt,  puisqu’ils  sont  tous
consommateurs,  chacun  des  marchandises  des  autres,  il  est  évident
«lue  l’impôt  ne  serait  jamais  payé  ;  car  si  tout  le  monde  en  trouve
la  compensation,  où  seraient  les  contribuables?
l’espère  donc  avoir  réussi  à  prouver  que  tout  impôt  qui  peut  occasionner ­
  une  hausse  des  salaires,  sera  payé  moyennant  une  diminution ­
  des  profits,  et  par  consécpient  qu’un  impôt  sur  les  salaires
n  est  réellement  (pi’un  impôt  sur  les  profits.
Ce  principe  fondamental  du  partage  du  produit  du  travail  et  du
«•apital,  entre  les  salaires  et  les  profits,  queje  me  suis  efforcé  d’établir,
»«e  parait  si  certain,  qu’à  l’exception  de  l’effet  immédiat,  je  suis
•sposé  a  croire  qu  il  importe  peu  lequel  des  deux  on  impose,  des
du  capital  ou  des  salaires  du  travail.  En  imposant  les  profits
‘âpilal,  vous  ebangere/,  probablement  le  taux  d’accroissement
P  agressif  des  fonds  destinés  à  entretenir  les  travailleurs,  et  les
            
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